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Le camion de service de Marco Brien est équipé de clés, de tournevis et d’autres outils habituels du mécanicien automobile, mais aussi d’équipement spécialisé. Crédit photo: André Laroche

Le camion de service de Marco Brien est équipé de clés, de tournevis et d’autres outils habituels du mécanicien automobile, mais aussi d’équipement spécialisé. Crédit photo: André Laroche

Métier : Mécanicien agricole

Marco Brien aime réparer de la machinerie agricole. Pourquoi? « Il n’y a pas deux journées pareilles. On ne peut pas s’ennuyer dans ce métier-là », répond-il en esquissant un sourire.

Dans la vie d’un mécanicien agricole, aucune journée ne se ressemble. Chaque matin, il prend la route pour réparer, parfois au milieu d’un champ, des engins mécaniques les plus divers et souvent très sophistiqués. Il travaille également à la préparation de véhicules neufs ou à des réparations majeures à l’atelier.

« C’est un métier très diversifié. Il faut évidemment connaître la mécanique, mais aussi l’électronique et la soudure. Tout ça dans un atelier ou un champ, que ce soit l’été au soleil ou l’hiver au froid en pleine nuit », raconte Marco Brien au milieu d’un vaste atelier de réparation de Saint-Roch-de-l’Achigan. Autour de lui, une dizaine de confrères s’affairent à réparer des tracteurs à moitié éventrés.

Crédit photo: André Laroche

Crédit photo: André Laroche

« Il n’y a pas un tracteur qui sort d’ici sans avoir été adapté aux goûts de son propriétaire. Il faut souvent faire preuve d’inventivité, que ce soit pour remettre en état une pièce brisée, ajouter une option à la machine ou créer un outil pour la réparer », explique-t-il.

Les progrès rapides de la technologie agricole exigent également une grande capacité d’apprentissage. Les nouvelles normes antipolluantes ont augmenté la complexité des moteurs au cours des 10 dernières années, tout comme les systèmes GPS et le langage Isobus nécessaires à l’équipement de haute précision. « C’est pourquoi il faut toujours se mettre à jour », souligne le mécanicien, en mentionnant qu’il suivra ses prochaines séances de formation au Centre régional d’initiatives et de formation en agriculture de Saint-Hyacinthe.

Diplômé d’une école professionnelle de Joliette, Marco Brien a poursuivi son cours à l’institut de l’usine Fendt en Allemagne. Il en est revenu émerveillé. « Chaque modèle de tracteur est démonté dans un local différent. La formation est donnée par l’ingénieur qui a conçu l’engin. »

Au fil du temps, les mécaniciens en viennent à se spécialiser dans une marque et un type de machinerie. « Pour ma part, ce sont les tracteurs Fendt et Massey-Ferguson que je connais le mieux. Dans l’équipe, il y a des experts dans les pulvérisateurs ou les presses à foin, mais ce n’est pas exclusif. Il faut avoir de bonnes connaissances générales pour pouvoir réagir à toutes les situations. »

La réparation de la machinerie de déneigement commercial s’est aussi ajoutée à son champ de compétences ces dernières années. C’est une adaptation nécessaire à l’industrialisation de l’agriculture québécoise, dit-il.

« Autrefois, on desservait 11 fermes différentes dans un rang. Elles sont devenues de grandes exploitations qui embauchent leurs propres hommes pour entretenir leurs machineries dans des ateliers bien équipés. Quand on est appelés, c’est donc pour faire des réparations majeures ou donner de la formation aux clients », explique Marco Brien.

« En plus des compétences techniques, les aptitudes personnelles sont très importantes quand on est mécanicien », ajoute son employeur, Éric St-Georges, copropriétaire de Machineries Nordtrac. « L’entraide et la communication sont primordiales pour être efficace à l’atelier. Il faut avoir le sens du service. »

« Il faut parfois des douilles de 3 pouces », dit-il. Des outils spécifiques à chaque marque sont aussi nécessaires. Et si l’outil n’existe pas, il faut le créer soi-même.» Crédit photo: André Laroche

« Il faut parfois des douilles de 3 pouces », dit-il. Des outils spécifiques à chaque marque sont aussi nécessaires. Et si l’outil n’existe pas, il faut le créer soi-même.» Crédit photo: André Laroche

Marco Brien abonde dans le même sens. « Les agriculteurs comptent sur nous pour réparer leur machinerie avec efficacité et rapidité. En retour, ils feront tout pour nous aider. Ils nous laissent seuls avec leurs outils et nous confient même les codes de sécurité de leur atelier. C’est un milieu tissé serré. Il faut toujours honorer cette confiance », croit-il.

Le coffre à outils

Le camion de service de Marco Brien est équipé de clés, de tournevis et d’autres outils habituels du mécanicien automobile, mais aussi d’équipement spécialisé.

L’ordinateur EDT (Electronic Diagnostic Tool) est l’outil indispensable. Branché sur le tracteur ou la pièce de machinerie, il permet de trouver rapidement la source du problème et de suggérer les méthodes de réparation. Il renferme également tous les schémas techniques des différents modèles. « On peut aussi le brancher sur le cellulaire pour aller sur des forums de discussion afin de chercher des solutions trouvées par d’autres mécaniciens », explique Marco Brien.

Les clés à molette et à rochet sont évidemment des outils indispensables, mais certaines sont de dimension impressionnante. « Il faut parfois des douilles de 3 pouces », dit-il. Des outils spécifiques à chaque marque sont aussi nécessaires. Et si l’outil n’existe pas, il faut le créer soi-même.

Enfin, des torches à découper et à souder sont requises pour les réparations difficiles ou la personnalisation des différentes machineries, « que ce soit pour installer simplement un radio-émetteur ou une lame à l’avant d’un tracteur ».