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Crédit Photo : KamiPhuc sur Flickr

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Le big data en agriculture : que faire de mes données?

Les producteurs le savent : les données numériques sont devenues incontournables dans la gestion des exploitations agricoles, que l’on pense au simple tableur Excel ou bien aux mégadonnées nécessaires à l’application à taux variable.

Le terme « mégadonnées », de l’anglais big data, fait référence aux informations obtenues par les satellites, les capteurs météo et autres appareils connectés, tel le GPS de votre tracteur. Ces données sont « méga » puisque constamment générées et accumulées en très grand volume partout sur la planète.

L’entreprise agricole qui sait adapter ses pratiques en fonction des données qu’elle accumule améliore chaque fois ses performances. Réduction des intrants, optimisation du parc d’équipements : le producteur prend des décisions appuyées sur des données tangibles que l’on peut suivre dans le temps.

L’accumulation de données numériques constitue un capital d’une grande valeur et l’enjeu de leur propriété prendra une importance croissante dans le futur. En effet, posséder les données, c’est détenir le pouvoir.

Certaines entreprises ont saisi l’avantage concurrentiel conféré par l’accès à de grandes quantités de données numériques. Pensons à Monsanto qui, dans sa fusion avec Bayer, apporte avec elle sa division Climate Corporation, une société qui compile des tonnes de données météorologiques et de rendement afin de conseiller les agriculteurs. Il suffit que ces données tombent dans les mains de spéculateurs quelques minutes avant les autres pour que les marchés soient déréglés, créant un nouveau genre de délit d’initié.

Prendre le contrôle sur les données numériques produites à la ferme

Si le producteur agricole n’a que peu de contrôle sur l’usage que les compagnies font des données numériques, il peut en revanche maximiser sa propre utilisation des données auxquelles il a accès.

Prenons pour exemple les données produites par le capteur de rendement de la moissonneuse-batteuse. À la suite de simples statistiques sur les rendements des dernières années, vous êtes en mesure de créer des zones de gestion, ainsi qu’une ébauche de fertilisation et de semis à taux variable.

Commencez par récupérer les données du capteur de rendement de la moissonneuse-batteuse sur une clé USB. La justesse de calibration du capteur est d’une importance modérée, tout comme la présence de bordures. L’information à observer est la variation du rendement selon les différentes sections du champ.

Si vous ne souhaitez pas utiliser ces données immédiatement, faites-en tout de même une copie de sauvegarde, que vous enverrez par courriel à quelques personnes de confiance.

Ensuite, géoréférencez vos analyses de sol grâce aux coordonnées GPS de votre téléphone intelligent. En couplant la carte des rendements avec les analyses de sol, vous serez en mesure d’identifier les zones qui requièrent votre attention immédiate. Ajoutez à cela un relevé microtopographique, et vous aurez une gamme complète d’informations pour guider vos décisions.

En tant que producteur agricole, vous avez accès à des données numériques qui ont le potentiel de générer de la valeur. N’hésitez pas à consulter votre conseiller en géomatique agricole et votre agronome à ce sujet.

Qu’est-ce que la géomatique agricole?

La géomatique est l’analyse de données géographiques et leur intégration en différentes couches. Ces données sont le fer de lance de l’agriculture de précision. Les géomaticiens interprètent notamment les données de rendement et de topographie, en plus des images aériennes de drones ou de satellites, et les vulgarisent pour les agriculteurs.

Guillaume Desjardins, Collaboration spéciale