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Pour être rentable, une entreprise de déneigement doit bien choisir et entretenir sa machinerie, réussir à vendre son offre à un prix raisonnable et miser sur la technologie. Photo : Archives/TCN

Pour être rentable, une entreprise de déneigement doit bien choisir et entretenir sa machinerie, réussir à vendre son offre à un prix raisonnable et miser sur la technologie. Photo : Archives/TCN

Les douze travaux du déneigeur

Alors que plusieurs producteurs se tournent vers le déneigement pour rentabiliser leur parc de machinerie et faire travailler leurs employés en hiver, les défis qui se dressent sur leur route sont nombreux. Difficile de tirer son épingle du jeu dans un contexte où les coûts sont à la hausse et où les joueurs se livrent une guerre de prix.

Au-delà de la pénurie de main-d’œuvre qui leur cause bien des maux de tête, les déneigeurs doivent se battre contre les assureurs qui ne sont pas en mesure de leur offrir une couverture abordable — ou qui ne veulent tout simplement pas offrir de protection. « Le déneigement, c’est un grand risque pour les assureurs. Ce n’est pas rare qu’on accroche un véhicule ou une porte de garage », souligne le consultant chez Solusnow, Christian Messina.

Certaines entreprises qui ont fait une réclamation ont vu leur prime doubler l’année suivante. « On parle parfois de 25 000 $ de plus », explique pour sa part Olivier Dufour, directeur adjoint de l’Association des propriétaires de machinerie lourde du Québec, qui chapeaute la nouvelle Association des déneigeurs résidentiels et commerciaux du Québec (ADRCQ). Selon lui, les entreprises de déneigement paient également l’essence et les équipements beaucoup plus chers qu’auparavant.

Les prix qui stagnent

Pour compenser les coûts d’exploitation de plus en plus importants, les prix ne sont pas toujours au rendez-vous. Le manque d’encadrement de la pratique, notamment dans le secteur résidentiel, entraîne de la compétition déloyale, indique Christian Messina. « Il y a des amateurs qui offrent de faire du déneigement pour 100 $ de moins par année si le client paie cash. Non seulement ça frôle l’illégalité, mais ça tire toute l’industrie vers le bas. »

Beaucoup d’entreprises de déneigement ont des contrats qui spécifient qu’un surplus devra être payé par le client advenant le cas où il tombe plus de neige que prévu. « Le problème, c’est que le verglas et la pluie ne sont pas comptabilisés, mais ça demande beaucoup plus de travail », mentionne Olivier Dufour. Et encore faut-il qu’il existe des données climatiques fiables sur lesquelles s’appuyer quand vient le temps de collecter les coûts ­supplémentaires. Selon le spécialiste, ces données se font de plus en plus rares. « Il y a une blague dans le milieu qui dit “comment fait-on pour devenir un déneigeur millionnaire? Il faut partir milliardaire!’’ », lance M. Messina.

Pour être rentable, il faut bien choisir et entretenir sa machinerie, réussir à vendre son offre à un prix ­raisonnable et miser sur la technologie.

Vers une meilleure coordination

La communication entre les déneigeurs et la ville demeure un enjeu crucial, selon Olivier Dufour. « La ville n’est pas contente quand le déneigeur met la neige dans la rue, mais le déneigeur n’est pas content quand la Ville fait un remblai devant l’entrée de cour qu’il vient de déneiger », ­illustre-t-il. Pour éviter que tout le monde pellette la neige dans la cour du voisin — littéralement — certaines municipalités ont mis sur pied un projet pilote visant à améliorer la coordination entre les deux opérations de déneigement. 

Étienne Dupuis, collaboration spéciale


Ce texte est paru dans le cadre de notre dossier sur le déneigement dans l’UtiliTerre, publié en septembre 2020.