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Le drone, l’appareil du futur

Pour l’équipe de recherche, formée notamment de Philippe Vigneault, spécialiste en télédétection pour Agriculture et Agroalimentaire Canada, le GreenSeeker fera bientôt face à une sérieuse compétition provenant du ciel. Lors de leurs essais en juin 2014, un drone survolait les parcelles, et il semble que ce soit la voie de l’avenir pour la collecte d’informations.

« Les images captées par la caméra du drone possèdent plusieurs bandes spectrales qui nous offrent des possibilités accrues d’analyse. Nous pouvons quantifier les différences de croissance dans le champ, mais aussi d’autres facteurs importants comme le taux de matière organique », explique Nicolas Tremblay.

drone_airContrairement au GreenSeeker, le drone peut également survoler les cultures lorsqu’elles ont atteint un stade de maturité qui empêcherait le passage des tracteurs. Au final, ces données de précision conduisent à une carte de prescriptions dont les doses d’azote sont définies par zones de 20 m de longueur, la largeur étant celle de l’applicateur. « Des gens rêveraient d’obtenir une fertilisation personnalisée plant par plant, mais les applicateurs ne pourraient pas réagir aussi vite. Pour l’instant du moins! » nuance avec humour M. Tremblay.

Le concept de collecte des données de précision de même que ce logiciel plus poussé destiné au taux variable ne seront pas commercialisés par Agriculture et Agroalimentaire Canada. Idéalement, il sera vendu à une entreprise qui se chargera de l’offrir aux producteurs.

Le futur dans trois ans!
La version de base du logiciel SCAN devrait être sur le marché dans trois ans. « Il nous reste à attacher les ficelles, à savoir qui va entretenir le site et comment il s’autofinancera. Mais une première version du site Internet est présentement en création, alors le projet devrait bel et bien fonctionner », prédit M. Tremblay. Entre-temps, son équipe et lui continuent de peaufiner un modèle informatique qui déterminera, le matin même de l’application, quelle sera LA meilleure dose d’azote à appliquer dans le champ.

Le drone
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Plus d’un drone survole maintenant les champs du Québec. Celui qui recueillait les informations sur les champs de maïs de Saint-Valentin, en Montérégie, appartient à ING Robotic Aviation, une compagnie ontarienne qui possède un bureau à Sherbrooke. « Nous employons les drones à toutes les sauces, que ce soit pour l’inspection d’infrastructures comme les ponts ou les pipelines, la surveillance de feux de forêt, etc. Mais l’un des créneaux les plus intéressants demeure l’agriculture. Nous pouvons faire l’inventaire de la croissance des cultures, fournir des données pour l’agriculture de précision, dénombrer de grands cheptels d’animaux au pâturage, etc. », mentionne l’ingénieur Guy Gingras. Le petit hélicoptère atteint 76 km/h, affiche une autonomie de 25 minutes et peut transporter une charge maximale de 12 kg. Le décollage, le vol et l’atterrissage peuvent être entièrement automatisés. Ainsi, le pilote au sol est présent uniquement à des fins de sécurité. Advenant un problème ou l’arrivée d’un autre appareil dans le corridor de vol, il passe en mode manuel et peut faire atterrir le drone n’importe où. Ce modèle coûte 60 000 $.