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Choisir le bon côte à côte

La polyvalence et le confort sont les éléments clés qui expliquent la popularité incontestée du véhicule tout-terrain à deux places, communément appelé « côte à côte », auprès des producteurs agricoles, forestiers et acéricoles. Plusieurs types de biplaces sont offerts sur le marché, autant pour les loisirs que pour le travail. Voici donc quelques conseils pour vous aider à faire un choix éclairé.

Un VTT ou un « côte à côte »?
Soyons francs : le côte à côte n’est pas pour tout le monde. Les aventuriers, amateurs de tracés boueux, qui apprécient par-dessus tout une machine agile avec laquelle ils peuvent se faufiler n’importe où se plairont davantage au guidon d’un véhicule tout-terrain (VTT), qu’on appelle couramment un quatre-roues. En revanche, le côte à côte enchantera les gens pour qui les trois points suivants sont importants.

1- La facilité : le côte à côte se pilote exactement comme une voiture (avec volant, pédales et levier de vitesse). Les personnes qui s’y connaissent peu en véhicules hors route peuvent donc le conduire avec facilité et sans tracas.

2- Le confort : le conducteur et son passager sont assis côte à côte, dans des sièges moulés qui sont dotés d’une ceinture de sécurité. Certains véhicules sont équipés d’un pare-brise et d’un système de son et offrent la possibilité d’y brancher des sièges chauffants; autant d’éléments qui rendent les randonnées plus confortables pour certains… et certaines!

3- L’aspect utilitaire : à l’arrière, la majorité des biplaces comprennent une boîte cargo à bascule qui permet de transporter bûches, terre, glacière, etc. De plus, ils possèdent une capacité de remorquage généralement plus élevée que celle d’un VTT.

La ségrégation!
Les attributs d’un côte à côte vous enchantent? Voici l’heure des choix. À cet égard, trois « races » de produits sont au catalogue : les sportifs, les utilitaires et les quasi-tracteurs.

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Le sportif : pour les amateurs de sensations fortes!
L’appellation « sport » est souvent utilisée à outrance par les manufacturiers, mais limitons-nous aux modèles qui carburent vraiment à la performance. On reconnaît un tel côte à côte à sa vitesse de pointe élevée (au-dessus de 75 km/h), à sa suspension sport et à sa silhouette fougueuse.

Deux modèles sont souvent cités dans ce segment : le Wildcat 1000 manufacturé par Arctic Cat et le Polaris RZR XP 900. Ces derniers sont spécifiquement conçus pour la promenade. « J’ai essayé le Polaris RZR et c’est une bombe, affirme Maxime Blain de Garage Benoit Blain, en Montérégie. Ses reprises sont fougueuses et sa vitesse de pointe atteint plus de 100 km/h! Mais les gens l’apprécient surtout pour sa maniabilité qui surpasse celle des autres modèles que je vends. C’est d’ailleurs l’un de nos meilleurs vendeurs, devant les VTT. »

Son caractère sportif est indéniable. Toutefois, si vous comptez l’utiliser pour le travail, prenez garde aux apparences! Sa boîte cargo a une capacité limitée. Même réserve quant à ses possibilités de remorquage.

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L’utilitaire sport : pour sa polyvalence!
Cote-vert-300Tout d’abord, la cylindrée du moteur. Il existe des modèles de 400 cc et d’autres de 1000 cc. Contrairement à une voiture, un moteur plus puissant ne se traduira pas nécessairement par une vitesse supérieure mais par de meilleures performances en conditions difficiles (boue, pente, charge). Pour ce qui est de la vitesse, certains modèles atteignent près de 75 km/h, tandis que d’autres sont limités à 30 km/h. Si vous avez parfois de bonnes distances à parcourir, privilégiez un modèle assez rapide.C’est dans ce segment que nous retrouvons le plus grand nombre de produits. Il s’agit de véhicules jumelant des aptitudes pour la promenade et le travail. Semblables en apparence, plusieurs de ces véhicules affichent pourtant des différences majeures. Examinons de plus près les principaux critères de sélection.

Ensuite, que choisir? Un moteur à essence ou diésel? En règle générale, ceux qui désirent une durabilité de niveau commercial et un couple plus élevé pencheront pour le diésel. Samuel Laguë, directeur des ventes commerciales chez Les Équipements Laguë, apporte toutefois une information pertinente : « Nous avons effectué des tests sur nos modèles John Deere à essence et diésel, et les performances se sont avérées les mêmes pour les deux (temps requis pour l’ascension d’une pente, traction d’une charge, etc.). Bref, on peut se questionner sur la pertinence de l’option diésel qui entraînera un coût supplémentaire d’environ 1500 $. »

La majorité des côte à côte possède une transmission à courroie. Si vous envisagez d’aller dans l’eau ou la boue, assurez-vous qu’elle est scellée; autrement, vous pourriez avoir des ennuis. De plus, si vous choisissez un véhicule ayant ce type de transmission, vérifiez qu’il puisse être mis en traction lente, sans quoi la courroie pourrait glisser lorsque vous tirez une charge.

Enfin, le nombre de places varie à bord du côte à côte. Certains modèles sont offerts en versions deux ou quatre places. Cette dernière configuration impose une longueur accrue et, donc, une maniabilité moindre en forêt. Mais avec une famille, le concept est digne d’intérêt. La largeur des véhicules diffère d’un modèle à l’autre. Si vous devez transporter votre côte à côte dans une remorque ou un camion, ce facteur revêt une importance capitale. Aussi, bien qu’il ne s’agisse pas d’une règle absolue, un véhicule plus large est souvent plus stable. Et dans un environnement accidenté, la stabilité est synonyme de sécurité.

Pour le travail, l’acheteur devrait choisir un modèle qui a :

  • une boîte cargo de forte capacité dotée d’un système de relevage au gaz ou hydraulique;
  • un mode quatre roues motrices, dont les différentiels se verrouillent;
  • un moteur refroidi au liquide.

 

Pour une utilisation mixte, tant pour le travail que pour la promenade, l’acheteur devrait penser à :

  • une suspension arrière indépendante, car elle est beaucoup plus confortable;
  • une direction assistée qui rend la conduite plus facile.


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Le quasi-tracteur!
Il s’agit d’un véhicule hybride entre un tracteur et un côte à côte. Une machine capable de transporter confortablement deux personnes, possédant un système de chauffage et un climatiseur, mais qui est aussi munie d’un système hydraulique permettant d’effectuer de multiples tâches.

Un modèle qui pourrait se démarquer dans ce segment : le Toolcat conçu par la compagnie Bobcat. Selon Martine Bouchard, des Équipements Benco, « ce véhicule peut être couplé à plus de 40 équipements pouvant être fixés à l’avant (godet, souffleur à neige, balai rotatif, etc.). Tout est conçu pour permettre d’attacher l’équipement en moins d’une minute ».

Afin d’obtenir l’avis d’un utilisateur, L’UtiliTerre s’est déplacé chez Alain Perron, un résident de l’Estrie. « Nous utilisons ce véhicule dans un élevage d’alpagas. Et le fait que les roues arrière soient directionnelles nous permet de procéder au nettoyage des moindres recoins de leur enclos. J’utilise habituellement un tracteur de ferme sur lequel il faut constamment se retourner pour voir son travail. Mais avec le Toolcat, c’est l’inverse, tout est devant soi. C’est beaucoup plus facile! »
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Renseignements utiles
Les véhicules côte à côte ressemblent à de petits camions, mais sachez qu’ils ne sont pas autorisés pour autant sur la route. Toutefois, Alain Charrette, de Bob Cat Montréal, mentionne que le Toolcat, tel que présenté dans cet article, peut être immatriculé comme véhicule-outil, ce qui lui donnerait le droit d’emprunter la voie publique en toute légalité.

Autre renseignement important : un côte à côte n’est pas une motoneige! Il s’agit d’un véhicule trois saisons (qui pourra cependant devenir très efficace dans la neige si vous optez pour un système à chenilles). En terminant, plusieurs producteurs aiment voir du pays à bord de leur véhicule hors route. À ce sujet, Carole Jolin, coordonnatrice des communications à la Fédération Québécoise des Clubs Quads, mentionne que la majorité des clubs acceptent les côte à côte dans les sentiers provinciaux. « Nous sommes à la dernière année du projet pilote concernant l’utilisation de véhicules côte à côte dans les sentiers fédérés. Rien n’est encore officiel, mais une décision pourrait éventuellement permettre leur présence à long terme sur les sentiers. Il risque toutefois d’y avoir des contraintes, par exemple en ce qui concerne la largeur maximale des véhicules, qui ne pourrait excéder 163 cm. » En d’autres mots, si vous comptez circuler en sentiers et que vous envisagez d’acheter un côte à côte, assurez-vous qu’il ne soit pas trop large…cote-neige