fbpx
Au Québec, on compte environ une douzaine d’espèces fourragères pérennes (fétuque, alpiste roseau, ray-grass, lotier, luzerne, trèfle blanc Ladino et trèfle rouge, etc.) pouvant entrer dans la composition de l’ensilage. Photo : Shutterstock

Au Québec, on compte environ une douzaine d’espèces fourragères pérennes (fétuque, alpiste roseau, ray-grass, lotier, luzerne, trèfle blanc Ladino et trèfle rouge, etc.) pouvant entrer dans la composition de l’ensilage. Photo : Shutterstock

L’ensilage à l’horizontale

Le silo horizontal a la cote de nos jours. Sous l’immense plastique généralement recouvert de pneus ou de tapis de caoutchouc se cache l’ensilage, ce mélange d’herbes hachées qui fait le bonheur des membres de la famille des bovidés et dont la santé dépend en partie des bonnes conditions de stockage. Cet aliment se doit d’être bien conservé pour éviter au producteur des années de vaches maigres…

Jean Brisson  / agronome et conseiller stratégique chez Lactanet

Jean Brisson / agronome et conseiller stratégique chez Lactanet

Les cultures fourragères récoltées pour l’ensilage renferment naturellement à la fois des bons et des mauvais microorganismes. Les bons contribuent à l’assèchement des végétaux, alors que les mauvais nuisent à la qualité de l’ensilage.

Principal produit de la fermentation obtenue à partir des sucres de la plante, le très puissant acide lactique constitue l’agent responsable de la baisse du pH (autour de 4). Après quelques jours, si tout va bien, les bactéries lactiques – présentes sur l’herbe lors de la mise en silo – composent l’essentiel de la population bactérienne et assurent l’acidification rapide et efficace du matériel dans ce gros « contenant étanche », c’est-à-dire en l’absence d’air. 

Leur activité permet d’éviter une prolifération des nuisibles (clostridies, entérobactéries, bacilles, levures et moisissures, etc.) déplacés par l’herbe avec les particules de sol. La fermentation lactique est d’ailleurs celle qui provoque le moins de pertes de matière sèche et d’énergie.

Haché et entreposé à une teneur en humidité de l’ordre de 60 %, le mélange conserve un niveau d’énergie et un taux de protéines supérieur au foin sec et permet une alimentation fiable même en hiver si le silo est bien géré.

Sous atmosphère contrôlée

Toutefois, on devra garder l’oxygène hors de la masse d’ensilage. L’oxygène, c’est l’ennemi. La notion de matière sèche demande une bonne compréhension quand on évalue l’état d’un chargement ou d’un tas d’ensilage. Elle réfère notamment aux différents éléments que l’on retrouve dans le fourrage, soient les fibres, les protéines, les glucides, les lipides et les minéraux. L’estimation juste du taux de matière sèche peut s’avérer coûteuse pour l’éleveur. Un taux de matière sèche trop élevé à la récolte prédispose à un mauvais tassage lors de la mise en silo. « Pour nourrir leur troupeau, les producteurs laitiers québécois produisent environ 2,4 millions de tonnes de matière sèche en fourrage par année, estime Jean Brisson, agronome et conseiller stratégique chez Lactanet. Au coût de production, on parle d’une valeur dépassant les 400 M$. »

Au Québec, on compte environ une douzaine d’espèces fourragères pérennes (fétuque, alpiste roseau, ray-grass, lotier, luzerne, trèfle blanc Ladino et trèfle rouge, etc.) pouvant entrer dans la composition de l’ensilage. Elles appartiennent à deux familles botaniques, les légumineuses et les graminées.

À l’origine de l’une des découvertes les plus importantes de l’histoire de l’agriculture moderne, les silos ont fait naître l’ensilage. 

Développée grâce à des expériences dans les années 1800, cette technique naturelle ­contribue aujourd’hui au bien-être et à la santé des animaux. 

Roger Riendeau, collaboration spéciale


Ce texte a été publié dans l’édition de juillet 2022 de L’UtiliTerre.