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Meilleure structure du sol, plus d’activité biologique, lutte contre les mauvaises herbes… Intégrer les engrais verts dans les rotations des cultures compte son lot de bénéfices.

Meilleure structure du sol, plus d’activité biologique, lutte contre les mauvaises herbes… Intégrer les engrais verts dans les rotations des cultures compte son lot de bénéfices.

Engrais verts : la rentabilité au rendez-vous

De plus en plus d’agriculteurs se tournent vers les engrais verts. Au-delà des avantages sur la santé des sols, les études montrent que cette pratique, lorsqu’elle est bien pensée, peut être rentable. Meilleure structure du sol, plus d’activité biologique, lutte contre les mauvaises herbes… Intégrer les engrais verts dans les rotations des cultures compte son lot de bénéfices.

« Les avantages à long terme sont bien connus. On peut aussi voir des gains immédiats, parce que les engrais verts réduisent la quantité d’intrants nécessaire et augmentent la productivité des sols », indique l’agronome et conseillère au Club agroenvironnemental du Bassin Laguerre, Sylvie Thibaudeau.

Sylvie Thibaudeau estime que les engrais verts sont de plus en plus populaires. D’ailleurs, les semenciers peinent à répondre à la demande pour certaines espèces comme le pois fourrager ou la féverole, dit-elle. Photo : Gracieuseté de Sylvie Thibaudeau

Sylvie Thibaudeau estime que les engrais verts sont de plus en plus populaires. D’ailleurs, les semenciers peinent à répondre à la demande pour certaines espèces comme le pois fourrager ou la féverole, dit-elle. Photo : Gracieuseté de Sylvie Thibaudeau

Pour s’assurer que l’implantation d’engrais verts sera rentable, il faut choisir la bonne espèce – ou le bon mélange – en fonction du coût des semences et de l’implantation, de leur apport en azote et du rendement de la culture suivante. 

« Si le producteur s’en va faire du soya, on ne va pas lui recommander la même chose que s’il s’en va faire du maïs. Si on veut de la rentabilité, ce n’est pas one size fits all », mentionne l’agronome.

Il y a 10 ans, il n’était pas rare de voir des producteurs laisser la repousse de céréales dans le champ à l’automne. « C’était ça, les engrais verts! lance Mme Thibaudeau à la blague. Ça faisait un tapis de résidus et ce n’était pas facile à gérer. »

Aujourd’hui, la tendance est au cas par cas. Les agriculteurs qui choisissent méticuleusement les espèces à implanter sont ceux qui vont chercher le plus de rentabilité, soutient-elle.

« Les producteurs ont compris qu’on ne sème pas n’importe quoi, n’importe comment. Quand on paye pour des semences d’engrais verts, il faut s’assurer que ça pousse. On doit y mettre autant d’effort qu’à l’implantation de la culture principale. »

Une culture qui fait le poids

Certaines espèces sont plus performantes que d’autres quand vient le temps d’en faire une culture de couverture.

Le pois fourrager, par exemple, a fait ses preuves en plusieurs situations. Dans une étude publiée en 2018 par le Club Agri-action de la Montérégie, on note que cette espèce se démarque par rapport aux biomasses produites, mais aussi par rapport au rendement du maïs l’année suivante.

« Évidemment, les semences de pois fourrager sont plus coûteuses que celles de moutarde ou d’avoine, mais la rentabilité sera au rendez-vous », assure Sylvie Thibaudeau. Les meilleurs rendements en maïs et l’apport d’azote compensent largement les coûts de production, précise-t-elle.

Dans une étude réalisée pour le Club agroenvironnemental du Bassin Laguerre, la conseillère conclut que le bénéfice net pour la culture de pois varie de 200 $/ha à 393 $/ha selon le prix du maïs.

« En plus, les producteurs peuvent avoir accès à une aide financière par l’intermédiaire du programme Prime-Vert pour introduire des cultures de couverture. C’est une belle occasion pour eux d’essayer un engrais vert dont la semence coûte un peu plus cher et de constater par eux-mêmes les résultats dans leurs champs. »