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L’agronome et économiste Gilbert Lavoie, cofondateur du cabinet Forest Lavoie Conseil. Photo : Gracieuseté de Gilbert Lavoie

L’agronome et économiste Gilbert Lavoie, cofondateur du cabinet Forest Lavoie Conseil. Photo : Gracieuseté de Gilbert Lavoie

Production avicole : malgré la croissance, « il ne faut rien prendre pour acquis »

Même si les producteurs avicoles ont eu droit à de belles années prospères et que le secteur poursuit sa croissance, il convient de rester prudent dans un marché de plus en plus imprévisible, prévient l’agronome et économiste-conseil Gilbert Lavoie.

Selon le cofondateur du cabinet montréalais Forest Lavoie Conseil, les signaux de consommation sont positifs, mais il n’en demeure pas moins que la société est de plus en plus exigeante en ce qui concerne le bien-être animal et l’agroenvironnement. « Il y a aussi les changements climatiques et les accords commerciaux [qui font que] les associations de producteurs n’ont pas le choix de développer des programmes et de s’adapter », analyse-t-il.

Et depuis peu, la crise de la COVID-19 fait aussi réfléchir avec ses impacts économiques. « Tout se mondialise, les maladies se promènent et il faut resserrer nos règles du jeu. Parce qu’on va vivre d’autres épisodes de maladies », prédit-il.

Réfléchir et bien s’entourer

C’est pourquoi M. Lavoie invite les producteurs à ne « rien prendre pour acquis », mais aussi à bien s’entourer afin de prendre les meilleures décisions d’affaires. « L’environnement est tellement plus complexe qu’avant et ça demande plus d’habiletés de gestion. Les valeurs d’affaires qu’ils gèrent sont plus importantes. Ils doivent réfléchir à toutes les stratégies de l’entreprise », conseille-t-il.

Si de belles occasions peuvent se présenter avec les taux d’intérêt à la baisse, il faut néanmoins rester prudent et prendre le temps de faire ses calculs. De gros investissements peuvent changer la donne en ce qui concerne les liquidités et les revenus de l’entreprise. 

« Si tu as 1 $ de gain pour 5 $ de dettes, [la moyenne provinciale pour l’ensemble de la production agricole se situe à environ 1 $ de gain par 7,50 $ de dettes], tu roules bien avec ça. C’est important de maintenir un ratio de dettes qui est viable pour avoir un environnement d’affaires enviable », estime M. Lavoie

Les producteurs avicoles ont donc un ratio enviable, notamment si on les compare aux producteurs laitiers, dont le ratio est autour de 1 $  de gain pour 10 $ de dettes.

Pour en arriver à ce résultat, ce dernier encourage fortement les producteurs avicoles à obtenir des services d’accompagnement stratégique auprès de conseillers en gestion ou d’une équipe multidisciplinaire. Cela les aidera du même coup à développer de bons réflexes, surtout face à l’imprévisibilité du marché. Fait encourageant, M. Lavoie remarque que la relève est déjà bien formée et alerte aux changements.

Enfin, l’économiste-conseil recommande d’assister à des conférences spécialisées. Lors du Rendez-vous avicole AQINAC de novembre dernier, M. Lavoie a d’ailleurs animé une présentation intitulée Environnement d’affaires avicole : impact sur la gestion des entreprises en compagnie de l’agronome Nicolas Jobin du Groupe Vision Gestion.