Maladies émergentes : de nouveaux pathogènes frappent à nos portes

Grippe aviaire, diarrhée épidémique porcine, influenza, virus du Nil occidental; plusieurs maladies émergentes figurent sur le radar des autorités zoosanitaires. 

Le secteur porcin surveille particulièrement quelques maladies, dont la diarrhée épidémique porcine (DEP). 

En 2017, cette dernière a frappé durement le Manitoba. Bien que le Québec en soit actuellement exempt, cette maladie hautement contagieuse donne des sueurs froides aux producteurs de porcs. Des mesures de biosécurité ont été mises en place dans les fermes, dans les abattoirs et pour les transporteurs. L’Équipe québécoise de santé porcine suit la situation de près. La DEP se caractérise par une diarrhée abondante et des vomissements. Elle est très virulente chez les très jeunes sujets et elle n’est pas transmissible à l’humain.

En 2017, le Canada a également diagnostiqué un premier cas de pestivirus du porcelet dans une porcherie possédant un statut sanitaire élevé, indique la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal.

Du côté de l’Asie, la peste porcine africaine (PPA) se propage depuis quelques mois, surtout en Chine. Cette maladie à déclaration obligatoire se caractérise par de la fièvre et des hémorragies internes. Le virus survit plusieurs mois dans la viande de porc fraîche et les produits transformés, explique l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA). Selon les Éleveurs de porcs du Québec, le Canada importe de Chine des aliments pour animaux contenant du porc qui pourraient représenter un risque.

Pour l’instant, aucun cas de PPA n’a été signalé au Canada, mais l’ACIA évalue en ce moment si des mesures supplémentaires sont nécessaires pour prévenir son introduction ici. D’autres pathogènes, tels que le Deltacoronavirus porcin (DCVP) et le Senecavirus A (SVA), font aussi l’objet d’une surveillance des autorités zoosanitaires.

Autres espèces

Chez les bovins, la Salmonella Dublin est en émergence au Québec depuis 2011. La situation représente un enjeu de santé animale et publique puisque la bactérie est transmissible à l’homme chez qui elle cause des infections invasives sévères, précise le ministère de l’Agriculture du Québec. Les gibiers ne sont pas non plus épargnés avec l’arrivée dans la province d’un premier cas de maladie débilitante chronique des cervidés (MDC), il y a quelques semaines à peine. Cette affection s’apparente à la maladie de la vache folle chez les bovins.

Dans certains cas, les maladies dites « émergentes » ne sont pas nouvelles, mais connaissent une recrudescence à la suite d’un relâchement de leur dépistage et de leur surveillance. C’est notamment le cas de la tuberculose bovine et de la fièvre catarrhale ovine en Europe. 

Mieux vaut prévenir

Au Québec, le Réseau d’alerte et d’information zoosanitaire (RAIZO), du ministère de l’Agriculture, veille au grain. Ce dernier peut compter sur sept réseaux sentinelles dans les productions bovine, équine, apicole, avicole, porcine, piscicole et chez les petits ruminants. À l’échelle du pays, le Système canadien de surveillance de la santé animale monitore également les maladies du bétail.