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Le CEPOQ travaille sur plus d’une vingtaine de projets de recherche et de transfert de connaissances, soit comme porteur de projet ou en partenariat, ce qui lui permet par la suite de vulgariser les résultats pour les éleveurs et les intervenants du secteur. Photo : Gracieuseté CEPOQ

Le CEPOQ travaille sur plus d’une vingtaine de projets de recherche et de transfert de connaissances, soit comme porteur de projet ou en partenariat, ce qui lui permet par la suite de vulgariser les résultats pour les éleveurs et les intervenants du secteur. Photo : Gracieuseté CEPOQ

La santé ovine et la recherche : un tandem indissociable

La production ovine au Québec est bien vivante, bien qu’il s’agisse d’un plus petit secteur que les bovins, les porcs et la volaille. Le Centre d’expertise en production ovine du Québec (CEPOQ) est bien ancré dans ses responsabilités de leader en production ovine, tant sur le plan de la recherche que de la vulgarisation.

Pour ce faire, il est dans l’intérêt du CEPOQ de développer des projets de recherche appliqués, basés sur les besoins et opportunités de recherche déterminés conjointement par l’ensemble des partenaires.

Présentement, le CEPOQ travaille sur plus d’une vingtaine de projets de recherche et de transfert de connaissances, soit comme porteur de projet ou en partenariat. À la base, chaque projet est en lien direct avec une problématique soulevée par le secteur. Ces enjeux peuvent être de nature agronomique ou vétérinaire.

Ces projets aident à comprendre des problématiques en essayant de mieux cibler les causes pour trouver les meilleures solutions. Cela permet par la suite au CEPOQ de vulgariser les résultats pour les éleveurs et les intervenants, ce qui constitue une des grandes forces du Centre. Il faut que la recherche et les résultats qui en découlent soient mis en application dans les fermes : c’est tout un défi important auquel il faut s’attarder.

Voici d’ailleurs deux projets auxquels le CEPOQ participe activement.

Influence du statut de la glande mammaire

Le premier projet, en partenariat avec la Faculté de médecine vétérinaire (FMV) de l’Université de Montréal, s’intitule « Influence du statut de la glande mammaire au tarissement et d’un traitement anti-inflammatoire lors de l’agnelage sur les performances zootechniques chez l’ovin ». Ce projet fait suite à un autre terminé en 2018 qui a permis de connaître les principaux agents infectieux au niveau de la glande mammaire chez les brebis viande et de déterminer l’importance des infections intramammaires. Parmi les 30 troupeaux participants, 33 % des brebis étaient positives au CMT (California Mastitis Test), et la prévalence des brebis présentant une infection intramammaire était de 24 %. Ces résultats très parlants ont apporté de nouveaux questionnements. En considérant qu’une bonne santé mammaire conduit inévitablement à une meilleure production de lait, ainsi qu’à une meilleure croissance des agneaux allaités, les chercheurs ont conclu que le fait d’en apprendre davantage sur l’impact du tarissement et de certains traitements préventifs sur la santé mammaire et les performances zootechniques permettrait d’apporter des solutions plus concrètes pour pallier le problème. Ces éléments seront donc évalués dans le cadre du nouveau projet démarré en septembre 2021 dans des fermes partenaires. L’étude vise également à évaluer la fiabilité de certains outils diagnostiques pour dépister les infections intramammaires (CMT, comptage de cellules somatiques, etc.), mais également comme outil d’aide à la décision pour prédire les performances des brebis lors de la prochaine lactation. L’effet d’un traitement anti-­inflammatoire chez les brebis lors de l’agnelage, tout comme l’évaluation de la persistance des problématiques reliées à la santé mammaire entre les lactations, seront également étudiés. Le fait de déterminer quels sont les meilleurs outils diagnostiques et de poser les bonnes actions au moment du tarissement permettra une intervention rapide pour pallier le problème de santé mammaire rencontré.

Programme québécois d’assainissement des troupeaux ovins

Le second projet, également en étroite collaboration avec la FMV de l’Université de Montréal, est intitulé « Programme québécois d’assainissement des troupeaux ovins pour le maedi-visna : bilan et analyse des impacts depuis sa création dans une perspective d’optimisation des retombées pour le secteur ». Le programme d’assainissement pour le maedi-visna est en œuvre depuis presque 20 ans, mais qu’en est-il aujourd’hui? Comment les éleveurs et les intervenants le perçoivent-ils? Le programme est basé sur l’un des tests les plus fiables disponibles actuellement pour le dépistage de ce virus, soit le test ELISA. Il a pour objectif d’assainir les troupeaux contre cette maladie en minimisant les faux positifs ou les faux négatifs. Au Québec, les études les plus récentes ont dénoté une prévalence de la maladie d’environ 30 % dans les troupeaux non assainis et non testés. Beaucoup de questions demeurent toutefois sans réponse, à savoir notamment si l’assainissement conduit à une meilleure santé du troupeau ou si l’assainissement conduit à une diminution de la mortalité, etc. Même si le test sérologique utilisé est le meilleur sur le marché mondial, le projet tentera de déterminer s’il existe des pistes d’amélioration au programme et si on peut le rendre encore plus accessible à tous les éleveurs commerciaux. Les programmes sanitaires doivent évoluer dans le temps et celui-ci, fort de l’excellente participation des 68 éleveurs inscrits, se doit de continuer et de s’adapter à la réalité des éleveurs.

L’effet d’un traitement anti-inflammatoire chez les brebis lors de l’agnelage, tout comme l’évaluation de la persistance des problématiques reliées à la santé mammaire entre les lactations, seront étudiés dans un projet de recherche mené par la Faculté de médecine vétérinaire (FMV) de l’Université de Montréal en collaboration avec le CEPOQ. Photo : Archives/TCN

L’effet d’un traitement anti-inflammatoire chez les brebis lors de l’agnelage, tout comme l’évaluation de la persistance des problématiques reliées à la santé mammaire entre les lactations, seront étudiés dans un projet de recherche mené par la Faculté de médecine vétérinaire (FMV) de l’Université de Montréal en collaboration avec le CEPOQ. Photo : Archives/TCN

Le financement, le nerf de la guerre

Ces deux projets, comme plusieurs autres en cours de réalisation au Centre, sont réalisés grâce à l’appui financier offert en vertu du Programme de développement sectoriel ainsi que du Programme Innov’Action agroalimentaire, tous deux mis en œuvre dans le cadre du ­Partenariat canadien pour l’agriculture, entente conclue entre les ­gouvernements du Canada et du Québec. ­Malgré le grand nombre de projets en cours actuellement dans le secteur ovin au Québec et financés par de tels programmes, la principale difficulté rencontrée pour la réalisation de projets en innovation est la recherche constante de sources de financement. L’industrie ovine peut difficilement se comparer aux autres secteurs de la production agricole québécoise pour ce qui est du financement et de la capacité de l’industrie à s’y investir financièrement. Il faut continuer à faire valoir l’importance de la recherche dans le secteur de la production ovine, qui est la base des améliorations en santé et de tous les secteurs de la ­production.

Des formations et des outils

Le CEPOQ offre un éventail de formations et d’outils d’aide (fiches techniques, capsules vidéo) aux producteurs et aux intervenants pour leur permettre d’améliorer la santé et la productivité de leur troupeau, deux éléments conduisant à la rentabilité des entreprises au Québec. Les formations et les outils du CEPOQ sont adaptés aux besoins de l’industrie ovine et reposent sur les facteurs d’amélioration à considérer pour diminuer les pertes et augmenter la profitabilité de nos entreprises ovines.

Dr Gaston Rioux, Centre d’expertise en production ovine du Québec (CEPOQ)