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Chantal Agnew, copropriétaire de la boutique à la Ferme Bon Bœuf, en témoigne : les efforts investis dans le marketing s’avèrent payants. Photo : Boutique Bon Bœuf

Chantal Agnew, copropriétaire de la boutique à la Ferme Bon Bœuf, en témoigne : les efforts investis dans le marketing s’avèrent payants. Photo : Boutique Bon Bœuf

La mise en marché directe de la viande bovine

La pandémie de COVID-19 a révélé l’attachement des consommateurs québécois à l’achat local. Qu’en est-il pour la viande bovine d’ici? Voici les défis et bons coups rapportés par trois fermes d’élevage lors du Congrès Bœuf 2021.

Pour ces trois entreprises, la mise en marché directe est la suite logique de plusieurs choix : une meilleure maîtrise de la commercialisation pour faire face à l’instabilité du marché, des préférences dans le mode d’élevage, une qualité particulière du produit à valoriser… Toutes soulignent l’importance de définir et de partager une vision claire pour l’entreprise familiale. On s’assure ainsi de prendre des décisions et d’agir dans le sens des objectifs et de la planification.

Le défi majeur pour la mise en marché directe est sans doute celui de créer un produit distinct et de communiquer. « Cette étape oblige à sortir de sa zone de confort pour se faire connaître et bien travailler le marketing et tous les outils nécessaires : site Internet transactionnel, pages Facebook et Instagram, etc. Mais ce sont des efforts payants », témoigne Chantal Agnew, copropriétaire de la boutique à la ferme Bon Bœuf, inaugurée en 2015.

À La Villandroise, on éduque les consommateurs par des vidéos « maison » informatives et humoristiques. « Le client est exigeant, rappelle Emma Dugal-Villeneuve, copropriétaire de la ferme avec ses parents et sa sœur. Il veut du local, le respect du bien-être animal, s’intéresse à la viande à l’herbe, aux labels de qualité. »

Bœuf de la Ferme de la Grande Fourche. Photo : Ferme La Grande Fourche

Bœuf de la Ferme de la Grande Fourche. Photo : Ferme La Grande Fourche

Pour analyser les résultats de l’entreprise, suivre le coût de production par catégorie de produits et observer les tendances des ventes, tous les intervenants reconnaissent qu’il faut collecter et traiter les données rapidement et fréquemment. Bien s’outiller est indispensable : des logiciels appropriés facilitent ce suivi – d’autant plus important quand on mène plusieurs activités de front. Sylvain Ouellet, de la Ferme de la Grande Fourche, souligne : « Il faut voir où on est “pas pires” et où on devrait s’améliorer. Ça prend de la rigueur; ça prend aussi du temps. »

Fournir ses clients à longueur d’année suppose une attention soutenue à la coordination des périodes de vêlage, de la nourriture et du pâturage, ainsi que de prévoir la place à l’abattoir, etc. La capacité limitée des abattoirs peut devenir un frein au développement. Certains producteurs s’équipent pour pouvoir stocker de la viande et avoir une période de vente la plus longue possible. D’autres sont organisés autour de la livraison de boîtes (demi-carcasses) une fois par année à leurs abonnés.

La diversification est un choix pour certains, mais pas pour tous. Cela peut passer par l’offre de produits (prévente en gros format, boîtes prédéfinies ou coupes variées au détail) ou par la distribution (commandes, boutique de ferme, marché public, épiceries, restaurants). Certains transforment une partie de leurs produits : Mme Agnew a par exemple développé la fabrication de saucisses, et pense à long terme à un atelier de découpe à la ferme.

Être bien soutenu et bien entouré est essentiel. Consultez vos ressources locales : les organisations régionales, les directions du MAPAQ, les réseaux Agriconseils et l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA). Le Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ) offre aussi la formation « TransformA ». 

Barbara Vogt, chargée de projets aux publications / CRAAQ


Cet article est paru dans l’édition de Bovins du Québec publié le 2 février 2022