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Les poussins et les poulets en bas âge sont les plus affectés par la coccidiose, maladie parasitaire qui cause des retards de croissance. Photos : Gracieuseté de Carl Julien

Les poussins et les poulets en bas âge sont les plus affectés par la coccidiose, maladie parasitaire qui cause des retards de croissance. Photos : Gracieuseté de Carl Julien

Des alternatives aux antimicrobiens contre la coccidiose aviaire

Selon une étude scientifique en cours, des suppléments naturels conjugués à la vaccination pourraient représenter une solution de rechange efficace aux antimicrobiens dans le cas de la coccidiose aviaire, une maladie parasitaire occasionnant d’importantes pertes financières aux éleveurs de poulet de chair.

Carl Julien, chercheur scientifique et professeur associé à l’Université Laval, mène des recherches sur la coccidiose aviaire dans le but de trouver des solutions de rechange aux médicaments antimicrobiens anticoccidiens.

Carl Julien, chercheur scientifique et professeur associé à l’Université Laval, mène des recherches sur la coccidiose aviaire dans le but de trouver des solutions de rechange aux médicaments antimicrobiens anticoccidiens.

Carl Julien est chercheur scientifique au Centre de recherches en sciences animales de Deschambault (CRSAD) et professeur associé à l’Université Laval. Il mène actuellement des recherches scientifiques dans le but de trouver des solutions de remplacement aux médicaments anticoccidiens utilisés dans le contrôle de la coccidiose dans les élevages de poulet.

Selon lui, une certaine résistance à ces médicaments antibactériens commence à s’installer chez le parasite Eimeria, mais pour le moment, il s’agit surtout de répondre à la demande du marché.

« Puisque la coccidiose n’est pas présente chez l’humain, cette résistance nous préoccupe moins que dans le cas de certains antibiotiques, par exemple. Toutefois, nous souhaitons trouver des alternatives dans le but de prévenir cette résistance, et également répondre aux besoins d’un marché où les consommateurs cherchent de plus en plus à consommer des produits provenant d’animaux qui n’ont pas été traités systématiquement aux antimicrobiens », dit Carl Julien.

Actuellement, les médicaments antimicrobiens anticoccidiens sont largement utilisés de manière préventive dans les élevages en incorporation dans la moulée. La maladie parasitaire, qui cause des lésions intestinales empêchant l’absorption correcte des aliments, affecte la croissance des animaux et entraîne des pertes économiques chez les éleveurs de poulet de chair, en particulier.

« Puisque ces jeunes poulets sont abattus en bas âge, leur système immunitaire n’a pas eu le temps de bien se former. La maladie cause chez eux d’importants retards de croissance, ce qui entraîne des pertes économiques pour les éleveurs », explique le chercheur.

Des résultats intéressants

Dans le cadre des études qu’il mène afin de trouver des solutions de rechange aux anticoccidiens, son équipe a testé des dizaines de produits naturels, dont des extraits de chêne, de betterave, d’armoise et de bident poilu, parmi d’autres.

En association avec la vaccination, certains d’entre eux démontrent un effet intéressant sur la coccidiose et sur l’indice de croissance des poulets, des résultats comparables à ceux qu’on obtient avec les anticoccidiens.

« Un de ces produits naturels se démarque en particulier, l’Entero-V Poultry. Il s’agit d’un mélange d’huiles essentielles, composé entre autres d’anis étoilé, de thym, de cannelle et d’orange. On le dilue dans l’eau de boisson en prévention, durant la période infectieuse. Ce médicament est déjà en vente et les résultats sont très intéressants », révèle Carl Julien.

Ses recherches se poursuivent puisqu’il reste encore beaucoup d’éléments à ­analyser. « Ce qu’il nous reste à éclaircir, c’est le mode d’action des produits naturels. Ont-ils un effet direct sur le parasite ou stimulent-ils le système immunitaire? »

Une chose est certaine, contrôler la coccidiose est crucial pour les éleveurs, car le parasite est là pour rester, pense le chercheur.

« Même si le poulailler a été décontaminé entre les lots de poulets avec un nettoyant spécialisé, des œufs du parasite peuvent demeurer présents, en latence, pendant plusieurs mois. C’est une maladie très commune, qui est là depuis longtemps, et avec laquelle il faut vivre. »