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Notre patenteux du mois – Une question d’autonomie…

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Notre patenteux, Jean-Guy Frenette, de Saint-Gilbert

Jean-Guy Frenette est habitué de faire les choses à sa manière. Sans relève, il a appris rapidement à se débrouiller seul en mettant au point des équipements lui accordant l’autonomie nécessaire.

C’est en 1971 que notre patenteux a pris la relève de ses parents à la petite ferme familiale de Saint-Gilbert. Un troupeau laitier qui a compté jusqu’à 35 têtes, 250 hectares de terres à cultiver en céréales et un lot de bois à entretenir, pour le jeune producteur, les activités étaient nombreuses et variées. « L’avantage, dans ce type d’exploitation, c’est qu’on ne se lasse jamais. Chaque jour comporte ses travaux. On fait probablement plus d’heures qu’à l’usine, mais on se trouve moins fatigués à la fin de la journée. » C’est à la diversité de ces activités que M. Frenette doit en partie sa fibre patenteuse. La génétique compte sans doute pour l’autre part. « Mon père était un bâtisseur, c’est lui qui a construit la plupart des étables de la paroisse. »

En 1997, frappé du poumon du fermier, cette maladie allergique provoquée par la poussière de paille et de céréales, Jean-Guy Frenette a dû liquider le troupeau. Il a pris ce virage avec philosophie. « J’ai vendu certaines de mes terres, mais j’ai conservé mon boisé et quelques champs. Et par la suite, j’ai pris des contrats d’entretien de voirie avec la municipalité. »

S’il admet avoir ralenti le rythme de travail ces dernières années, notre patenteux passe de nombreuses heures à faucher les chemins et à bûcher son lot de bois. C’est pour le seconder dans ces activités que M. Frenette a conçu des machines de son cru.

« Plus jeune, j’ai fabriqué pas mal de machines, se remémore-t-il au passage, un système hydraulique sur un vieux tracteur Cockshutt ou encore une récolteuse à patates motorisée. Mais elles ont été vendues ou se sont retrouvées sur le tas de vieux fer parce que je ne les utilisais plus. » Heureusement pour nos lecteurs, plusieurs demeurent bien actives.

Pour entretenir les chemins publics, Jean-Guy Frenette a conçu une débroussailleuse de calibre industriel. Reposant sur un châssis de camion dix roues coupé à la hauteur de la cabine, la machine est activée par un moteur récupéré sur une souffleuse industrielle. On voit tout de suite qu’avec une telle machine, on n’entend pas à rire. « Avec la lame de ma conception, je pourrais même couper un poteau de téléphone le temps de le dire, mais disons que l’outil est conçu pour des broussailles de moindre diamètre. Grâce à cette machine, je peux travailler à la vitesse de marche d’un homme. » Un bras télescopique permet d’allonger la portée de quatre pieds. Quand l’outil est à bout de bras, le moteur glisse hydrauliquement vers l’arrière afin de contrebalancer la charge, assurant sa stabilité.

Pour travailler dans le bois

Jean-Guy Frenette doit se débrouiller seul lorsqu’il effectue ses travaux forestiers. Pour sortir le bois de son lot, il compte sur une remorque amovible à la conception intéressante. Un support pouvant contenir plus de deux cordes de bois en longueur est déposé près du chantier de coupe. Une fois rempli, le bûcheron approche une remorque tirée par un tracteur. Grâce à un treuil, il peut alors hisser le chargement sur la plateforme et revenir à la ferme pour débiter le bois à sa convenance.

Pour ménager ses efforts, notre patenteux parcourt son boisé à bord d’une voiturette électrique. Une remorque basculante lui sert à déplacer ce véhicule sur de grandes distances. Il a doté cette remorque d’un amortisseur de camion qui élimine la secousse lors du chargement. « C’est une touche de confort, concède le patenteux, puisque ça adoucit l’opération. »

Des ateliers mobiles

Quand il fait beau, le patenteux de Saint-Gilbert aime bien travailler à l’extérieur. Il a regroupé sur une petite remorque des outils pour travailler le bois. Planeur et scie radiale se déplacent alors aisément. Soulignons que les outils sont placés de façon à optimiser le travail.

Le patenteux a fait appel à la même stratégie pour confectionner un atelier mobile. On y retrouve un grand plan de travail, un étau et des coffres à outils sur glissières, le tout monté sur roues. Lorsqu’il travaille sur un tracteur, il peut approcher l’atelier à proximité. Il peut même tirer l’ensemble à l’extérieur, si ça lui plaît, avec un VTT. « Au lieu d’accrocher mes outils aux murs de l’atelier, je peux tout transporter là où j’en ai besoin. »

Dans certains cas, notre patenteux se fait récupérateur. La meule servant à aiguiser ses haches en est une belle illustration. Jadis actionnée à la manivelle, le patenteux l’a mécanisée avec un moteur de laveuse à linge.

Dans un tout autre ordre d’idées, M. Frenette nous fait découvrir un appareil fort intéressant. Porté par le tracteur et actionné par son système hydraulique, ce levier de forte puissance, très stable, peut soulever des bâtiments de leurs assises pour les redresser. Pour réaliser l’opération, l’opérateur doit simplement reculer le tracteur en place et glisser la partie inférieure du levier en position. L’hydraulique du tracteur prend alors le relais pour soulever la charge. Pour ramener le cylindre principal en position, le patenteux a installé un petit piston secondaire.

Jean-Guy Frenette a aussi fait preuve d’ingéniosité pour ajouter au confort de sa maison. Il a conçu et fabriqué un système de récupération de chaleur leur permettant de chauffer l’eau de sa maison. Des tubes dirigent l’eau de l’aqueduc sous la plaque de son poêle à combustion lente. La pression et la chaleur font que l’eau monte ensuite pour se déverser dans le réservoir.

« La fabrication s’est avérée très simple puisque je n’ai eu qu’à retirer les éléments électriques d’un chauffe-eau conventionnel », explique le patenteux. Il ajoute qu’un second chauffe-eau électrique prend la relève lorsque le poêle n’est pas en fonction. L’économie d’électricité a remboursé l’investissement dans ce système en l’espace de deux ans.

Avant de reprendre la route, nous effectuons un petit crochet dans la cour de M. Frenette où, avec un sourire, il exhibe la cabane mobile construite avec une boîte de camionnette en fibre de verre. « Ça fait un très bon poste d’observation pour la chasse », déclare-t-il en ajoutant qu’à la fin, il n’y a pas que le travail dans la vie!