« Certains de nos outils vont permettre d’utiliser un langage naturel pour parler avec le logiciel », illustre le directeur développement logiciel et TI, Martin Lamontagne. Photo : Gracieuseté de Siga Informatique
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L’intelligence artificielle (IA) sera mise à profit pour optimiser les produits de Siga, un développeur de logiciels techniques et économiques dédiés au milieu agricole québécois. De nouvelles fonctionnalités seront offertes à partir de 2025, affirme le directeur général de l’entreprise, Lionel Lothoré.
Le logiciel de comptabilité SigaFinance evo, ainsi que l’outil de gestion des champs Geofolia, figurent parmi les produits phares de Siga Informatique, situé à Drummondville.
« Certains de nos outils vont permettre d’utiliser un langage naturel pour parler avec le logiciel, illustre le directeur développement logiciel et TI, Martin Lamontagne. On va, par exemple, pouvoir lui demander : sors-moi tous les clients qui me doivent de l’argent depuis plus de 30 jours. Et il va sortir la liste. »
Beaucoup plus simple, fait-il valoir, que d’effectuer une recherche à partir de différents mots-clés.
L’intégration de l’IA à des outils qui existent déjà sera, dans un premier temps, « fluide », affirme M. Lamontagne. L’IA permettra une forme « d’auto-audit », ou de validation, des informations fournies.
À moyen terme, on peut parler d’automatisation – comme pour la déclaration de taxes – et de prévisions financières affinées. L’IA va être capable d’évaluer, par rapport à l’historique des données, si, par exemple, l’année sera bonne ou non, ce qui aidera à la gestion de risques. Mais on est encore loin du conseiller financier virtuel.
D’ici quelques mois, une équipe d’agriculteurs, qualifiés de « bêtatesteurs », sera d’ailleurs mise à profit afin d’utiliser les nouvelles fonctionnalités des logiciels et de tester leur fiabilité, précise Lionel Lothoré.
Intérêt pour IA
Chose certaine, l’IA suscite de l’intérêt. Une conférence offerte par Siga sur le sujet en novembre dernier, lors de l’inauguration de ses nouveaux locaux, s’est révélée populaire.
« C’est encore assez nébuleux dans la tête des gens, affirme le DG de Siga. C’est tellement large comme proposition. Ils ne savent pas comment ça va les aider et à quoi ça peut servir. »
« L’IA reste un outil, un allié, souligne Martin Lamontagne. Ça ne remplacera jamais un agriculteur ou un homme d’affaires. »
En simplifiant, voire en accélérant, le traitement de certaines opérations, les logiciels bonifiés avec l’intelligence artificielle permettront de gagner en efficacité et en temps. « Ça va permettre à l’agriculteur de passer moins de temps devant l’ordinateur », souligne le directeur développement logiciel et TI.
Dans cet esprit pratique, Siga propose en outre depuis le printemps dernier une station météorologique virtuelle, développée par la société française ISAGRI, spécialisée en édition de logiciels. Fondée au Québec en 1981, Siga a été acquise par ISAGRI en 2010.
Une part importante du développement des produits est néanmoins réalisée au Québec, afin de se coller à la réalité et aux besoins du milieu agricole de la Belle Province, précise Martin Lamontagne.
En croissance
L’entreprise informatique a par ailleurs enregistré une croissance annuelle d’environ 12 % au cours des dernières années. Elle emploie désormais une quarantaine de personnes. Un nombre en augmentation qui a incité la direction à emménager dans de nouveaux locaux, non loin de son ancienne adresse.
Une partie de l’équipe est dédiée au soutien technique, ainsi qu’à la formation.
Des séances de formation sont régulièrement offertes pour chacun des logiciels développés et commercialisés par Siga. Ceux-ci s’adressent autant aux producteurs agricoles qu’aux agronomes, aux comptables ou encore aux clubs-conseils, souligne Lionel Lothoré.
S’il en allait autrement il y a quelques années à peine, l’accès à Internet haute vitesse en milieu rural n’est d’ailleurs plus un enjeu, souligne Martin Lamontagne. Un coup de barre a été donné à ce chapitre, si bien que la proportion d’agriculteurs qui n’y a toujours pas accès est marginale.
« C’est moins de 2 % de nos clients qui n’ont pas Internet à haute vitesse disponible sur nos outils », estime M. Lamontagne.