Le Centre d’innovation qui ouvrira ses portes en 2027 comptera quatre laboratoires, quatre ateliers de conception et des bureaux. Photo : Facebook/Zone Agtech
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S'abonner maintenantBien qu’il soit prévu que le deuxième site de la Zone Agtech, le Centre d’innovation en agrosciences et agritechnologies, ouvre ses portes à L’Assomption en 2027, les entreprises émergentes qui s’y établiront ne seront pas uniquement tournées vers le milieu agricole, indique le directeur des investissements directs, Guillaume Béland.
[On vise aussi] tout ce qui est nouvel ingrédient, tout ce qui est manufacturier. On va un peu plus large que l’agtech. Il faut remplir le building. Mais à date, notre core est dans l’agtech, ce qui fait que c’est sûr que la majorité des entreprises font ça.
Le directeur explique que les entreprises émergentes susceptibles de loger dans ses installations sont touchées par un effondrement des investissements dans les technologies agricoles depuis trois ans en raison de l’inflation postpandémique. « Les investisseurs qui restent dans l’agtech veulent principalement investir dans le logiciel [comme l’intelligence artificielle]. C’est sûr que ça change un peu la donne aussi pour ce qu’on tente de faire avec le parc industriel. Les développeurs de logiciel n’ont pas besoin de pieds carrés, ce qui fait que c’est un peu plus rushant », affirme-t-il.
Quatre utilisations
Selon les secteurs d’activités des jeunes poussent qui ont signifié leur intérêt pour s’installer dans les laboratoires du bâtiment de L’Assomption, le directeur a identifié quatre orientations. « Avec les joueurs qu’on a présentement, on s’aligne pour qu’un laboratoire soit consacré à de la génomique. Parce qu’on sait qu’il y a un manque au Québec, en termes d’accès à des plants, notamment dans les serres et dans la culture verticale. Ensuite, un laboratoire serait pour la chimie, et un autre laboratoire serait davantage pour la biologie et la microbiologie-biologie », indique M. Béland.

Le dernier laboratoire permettrait d’offrir aux entreprises émergentes la possibilité de produire à petite échelle les aliments qu’ils ont développés. « Quand le produit est bon, les entreprises se cassent les dents à essayer de se faire produire de manière industrielle pour s’engager justement avec de plus gros joueurs. Souvent, le passage à l’échelle est problématique parce que les gros joueurs chargent un prix de fou. C’est le mini échelon qui manque », mentionne-t-il.
Nouvelles filières agricoles industrielles
Pour tenter de combler l’espace restant dans le parc industriel, Guillaume Béland s’est rendu dans des salons d’investisseurs technologiques à Toronto et à Vancouver, ces dernières semaines, pour tenter d’attirer au Québec de nouveaux types de productions agricoles. Il a rencontré des joueurs qui produisent des framboises et des bleuets à l’année, mais également des entreprises qui développent de nouveaux aliments dans le créneau du novel foods (les nouveaux aliments), notamment grâce à la fermentation de précision. « J’ai rencontré une société qui prend des résidus de raisins, qui met ça dans des bassins de fermentation de précision, et qui [grâce à des microorganismes] est capable de faire de l’extraction et de la purification pour tout ce qui est polyphénol et antioxydants », indique-t-il en précisant que les molécules pouvaient être vendues à l’industrie pharmaceutique ou en transformation alimentaire.
Une autre entreprise rencontrée utilise ce procédé pour produire, grâce à des pommes de terre, de la caséine pour le fromage. La technologie, populaire en France, existe déjà au Québec, précise-t-il. Aliotech (une division de Fumoir Grizzly) et Innodal utilisent ce procédé pour créer des solutions naturelles antimicrobiennes qui éliminent les risques reliés à la contamination dans la transformation alimentaire.