Technique 20 novembre 2025

Quand ça passe serré

Lorsqu’il est question de circuler dans des endroits restreints, le chargeur frontal compact, articulé ou non, revient souvent dans la discussion, bien que les spécialistes des chariots télescopiques insistent sur cette caractéristique de leurs produits. Il reste que c’est cette compacité qui a poussé Fritz Leutwyler à choisir un chargeur frontal compact pour le travail dans son étable de Sainte-Brigide-d’Iberville, en Montérégie, passée en stabulation libre il y a trois ans.

« Comme on n’a pas beaucoup de place, j’ai fait la demande pour l’essai de différents modèles », explique le producteur qui a finalement arrêté son choix sur un chargeur frontal articulé compact, le Weidemann 1380. « Comme il est articulé, il passe mieux partout. Et puis, pour mes besoins, je me suis dit que c’était en masse qu’il lève dix pieds de haut. » Le prix, il faut aussi l’admettre, a eu son mot à dire.

Aujourd’hui, changer un tracteur, en bas de 300 000 $, on n’a pas gand chose, alors qu’une machine de même, c’est 75 000 $ à 100 000 $, selon l’équipement que tu mets.

Fritz Leutwyler

Le marché offre une gamme variée de chargeurs compacts, comme celui acheté par Fritz Leutwyler. Tous proposent, à peu de choses près, les mêmes services de levage et, dans une certaine mesure, de manutention.

Fendt propose par exemple sa gamme « CargoProfi », qui a cependant toutes les apparences d’un tracteur conventionnel, ce qui veut aussi dire, sa taille. Le chargeur se caractérise par une série de fonctions avancées, comme la mesure du poids de chargement ou encore des mémoires de position. « Si un opérateur qui fait du ramassage de balles de foin au champ veut que son pic ait toujours le même angle, toujours la même hauteur, il peut mémoriser une position simplement en cliquant sur un bouton de son levier de pelle », explique Jonathan Noiseux, spécialiste produit, chez AGCO. Le manufacturier offre également l’option « shaking » qui permet de faire vibrer la pelle pour assurer son vidage complet.

Kubota n’est pas en reste avec ses chargeurs compacts sur roues ou sur chenilles. Le SVL 75-3, par exemple, dispose d’un moteur de 74,3 chevaux, pour une charge de basculement de près de 6 200 livres. Il s’agit ici d’un appareil véritablement compact, capable d’accéder à des endroits restreints. « Ce qui les démarque, c’est qu’ils sont plus compacts que la plupart des chariots télescopiques », soutient Jean-­Sébastien Pettigrew, spécialiste produit chez Kubota, pour l’ouest du Québec.

On peut l’utiliser pour faire la distribution de pailles dans les logettes, par exemple. On peut aussi faire du nivellement de cours, mettre des fourches à palettes pour décharger certains produits qui arrivent comme certains engrais, certains produits qu’on donne aux animaux.

Jean-Sébastien Pettigrew
Le SVL 75-3 de Kubota, outre sa compacité, profite d’un roulement sur chenille pour tourner sur lui-même de façon très serrée. Photo : Gracieuseté de Kubota

Cette versatilité dans les tâches se retrouve chez tous les manufacturiers que l’UtiliTerre a consultés. C’est le cas du Weidemann acheté par Fritz ­Leutwyler, il y a trois ans. « On l’a acheté pour l’étable, mais on s’en sert pour de multiples travaux, dit le producteur. Il fait la manutention de fumier, il place des balles, il ramasse de la roche. Il sert autant au champ qu’à la ferme. »

New Holland fait dans le domaine du chargeur compact depuis le début des années 1970. Son premier créneau avant de gagner le monde agricole était celui de la construction. La gamme de ses produits s’adresse à une clientèle large, de la production en serre à l’industrie laitière. Le ML12, par exemple, fait à peine 2 911 mm de longueur, lorsque la pelle est au sol, et 920 mm de largeur. Avec son moteur trois cylindres de 25 chevaux, le minuscule appareil articulé sur roues possède une capacité de levage de 2 200 livres. « Le ML12, ça peut être idéal, par exemple, pour des serres ou même encore, dans une étable, pour nettoyer les rangées, ou encore l’alimentation », avance Rémi Bolduc, spécialiste produit chez Terapro. Chose intéressante chez New Holland, le chargeur compact se vend aussi avec un mât télescopique. « Quand on a le ML12T, on a un mât qui va chercher un 24 pouces d’extension. Notre plus gros modèle, dans cette série-là, le ML50, c’est une machine de 74 chevaux, qui, elle, va aller chercher 40 pouces d’extension. Cette machine-là nous donne la petite coche qui nous manque parfois », remarque monsieur Bolduc.

Parmi les neuf modèles de chargeur compact frontal, le ML50T dispose d’un moteur de 74 chevaux, avec un bras télescopique d’une capacité d’étirement de 14 pieds. Photo : Gracieuseté de Terapro Agriculture

C’est d’ailleurs cette petite coche additionnelle qui manque à Fritz Leutwyler avec son chargeur compact actuel. « On est en train de regarder pour le changer, dit-il. Je cherche une petite affaire plus puissante, une petite affaire plus large, mais surtout avec plus de hauteur de levage. J’aurais dû payer un petit peu plus, à l’époque, pour avoir mon petit chargeur télescopique et être capable de monter à 14 ou 15 pieds de haut. »

Malgré cette réserve, le producteur laitier de Sainte-Brigide-d’Iberville reste satisfait de son achat. « Ça remplace un tracteur sur la ferme, soutient-il. Dès que tu fais de la manutention de palettes, de la manutention de semences et d’un paquet d’autres choses, c’est utile. Puis c’est fort, là, c’est quand même solide! Tu peux lever pesant avec ça. »