L’Agri Max Power X2 de Dieci fait partie des nombreux modèles de chariots télescopique fixes et articulés proposés par le manufacturier. La capacité de l’Agri Max varie entre 4 400 et 16 500 livres. La puissance du moteur va de 50 à 172 chevaux. Photo : Gracieuseté d’Équipements FDS
Ce contenu est réservé aux abonnés.
Se connecterSi ce n’est pas déjà fait, abonnez-vous pour moins de 1 $ par semaine.
S'abonner maintenantLes experts avec qui l’UtiliTerre s’est entretenu s’entendent sur au moins deux points. D’abord, la place d’un tracteur conventionnel, c’est dans le champ. « Un tracteur agricole, au départ, c’est conçu pour travailler dans un champ », soutient Carl Girouard, directeur-général chez Girouard Équipement, à Victoriaville, et représentant des chariots télescopiques Manitou.
« Tu as des cabines spacieuses, une bonne suspension, de plus gros pneus à l’arrière, tu as un hydraulique en arrière, c’est vraiment fait pour faire du travail de champ : faucher, presser des balles rondes et tout ça », dit-il.
Un constat que partage aussi Pierre Brulotte, directeur national des ventes, industriel et agricole, chez Manulift, et représentant des chariots télescopiques Merlo. « Un tracteur, c’est fait pour travailler avec l’arrière, pas le devant, dit-il. C’est certain qu’un tracteur peut faire de la manutention d’objet et du travail de pelle, mais ce n’est pas fait pour ça. C’est comme un ajout sur la machine. »
L’autre chose sur laquelle les experts consultés s’entendent, c’est que pour le transport de matière et la manutention d’objets, il faut oublier le tracteur conventionnel. Selon eux, le choix d’un équipement spécialisé, d’une part, facilitera le travail et d’autre part, permettra, parfois, d’importants gains d’efficacité. « Quand tu as un outil qui fait un petit peu de tout, il fait un petit peu de tout à moitié », signale Carl Girouard.
Ici, comme dans la plupart des situations, il n’existe manifestement pas de solution universelle. Pour un budget donné, le choix de l’équipement dépend d’abord et avant tout de ce que l’on compte en faire. C’est là que l’expérience du producteur et l’avis d’experts prend tout son sens. Alors? Chargeur frontal ou chariot télescopique? Étudions d’abord le cas du chariot télescopique.

Plus haut, plus loin, plus fort
« Le choix d’un télescopique, sur une ferme, se fait naturellement lorsqu’on veut un travail plus efficace, qu’on veut plus de performance parce que le travail le nécessite », explique Carl Girouard.
« Disons par exemple que je fais du godet pour mon alimentation, le matin, sur une ferme laitière, illustre Pierre Brulotte. J’entre dans le bunker avec le godet pour aller ensuite remplir le mélangeur. Si j’arrive avec une machine qui est conçue pour faire de la manutention, j’ai un godet trois fois plus gros. À toutes les fois que je vais entrer dans le bunker pour aller prendre une reprise de mon ensilage, je vais amener trois fois plus de matériel à toutes les fois », dit-il. « C’est une machine qui est beaucoup plus puissante, plus polyvalente, qui permet d’aller plus haut, de lever plus pesant, tout en étant plus sécuritaire », ajoute pour sa part Yanick Perreault, représentant et spécialiste produits chez Équipements FDS, distributeur des chariots télescopiques Dieci.
Une machine plus polyvalente? Ça en a tout l’air. La variété des équipements qui peuvent s’ajouter au bout du mât d’un chariot télescopique, qui peut s’étirer sur 20 à 35 pieds environ, défie l’imagination.
Que ce soient des pics à balles, des pinces à balles, des grattes à neige, des godets, des plateformes pour aller en hauteur pour faire de la maintenance sur des bâtiments, enfin, tout ce que vous pouvez imaginer, ça s’installe sur un télescopique.
À cet attirail s’ajoutent le balai mécanique, le souffleur à neige et la nacelle. « Avec le télescopique, si on a la nacelle adaptée, on peut aller changer nos lumières de façon sécuritaire », indique Yanick Perreault. « On a déjà vendu à des agriculteurs des scies parce qu’ils voulaient couper les arbres à une certaine hauteur dans leurs chemins, et que ce n’était pas accessible avec un tracteur », se rappelle Carl Girouard. « Ce qui leur prenait un mois de travail auparavant a été ramené à une seule journée », signale-t-il.
Où et quand opter pour le télescopique
Selon les experts interrogés par l’UtiliTerre, les chariots télescopiques trouvent leur utilité dès que du travail de manutention doit être réalisé. Que vous soyez dans le bovin de boucherie, le lait, l’agneau, les œufs ou le maraîcher, ce type d’outil offre sa part d’avantages. « Si on parle de fourches à palettes, illustre Pierre Brulotte, le fait que la machine est conçue pour la manutention, on a une visibilité complète en avant du traducteur. » L’engin gagne aussi à être connu pour les travaux de récurage, ajoute le représentant, qui souligne au passage que la plus forte pénétration de marché de Merlo s’est observée en agriculture, ces dernières années. « Le monde agricole, c’est le milieu où on a eu la plus forte pénétration de marché pour la bonne raison que les agriculteurs se sentent en sécurité. Ils peuvent entrer dans leur bâtiment pour faire le nettoyage avec une cabine étanche, ventilée, donc ils n’ont pas à respirer les émanations fortes, comme dans un poulailler. Et en plus, dès qu’ils sortent du bâtiment avec le fumier, ils peuvent le verser directement dans une remorque qui est assez haute parce que la télescopique est en mesure de le faire. »
Comme il s’agit d’une machine spécialisée, son utilisation peut générer des gains d’efficacité importants. « La machine qui est faite pour faire de la manutention augmente la productivité parce que j’ai deux à trois fois la capacité de levage [d’un tracteur avec une pelle]. On parle approximativement entre 30 et 40% de gain d’efficacité pour tout ce qui est manutention. Imaginez que vous utilisez un tracteur qui fait 1 000 heures de manutention par année. Si vous avez une machine conçue pour faire de la manutention, vous aller économiser 300 à 400 heures par année. Combien valent 300-400 heures par année? », demande Pierre Brulotte.
Il s’agit aussi d’une machine plus économique à l’achat, affirme Yanick Perreault, des Équipements FDS. « Par exemple, un tracteur qui va lever 5 500 livres en avant, ce sera un tracteur d’une centaine de forces, on parle de 225 000$. Moi, pour la même chose, ça va être 145 000$ », soutient le représentant.
L’engin se révèle également plus durable au niveau des pièces, ajoute M. Perreault. « Sur un tracteur avec une pelle, les « Kingpin » sont à refaire après 2 000 à 3 000 heures. Sur un télescopique, il n’y a rien à faire. On continue et on continue, et on va peut-être les changer au bout de 8 000 à 9 000 heures. » Pour Yanick Perreault, les maths sont assez simples. « Aussitôt que vous avez un tracteur avec une pelle de 50 forces et plus, un télescopique sera rentable pour vous. C’est aussi simple que ça. Lorsqu’on arrive avec un gros modèle, comme sur les fermes laitières, les tracteurs ont tous 100 forces et plus, on tombe tout de suite concurrentiel. Ça coûte moins cher d’acheter un télescopique qu’acheter un tracteur avec une pelle. »
La spécialisation des tâches entre les différents équipements offrirait au moins un autre avantage. « Le télescopique va permettre de prolonger la vie du tracteur, va diminuer les coûts d’entretien, parce que là, tu l’utilises vraiment pour la bonne fonction », précise Carl Girouard.

Un marché qui se développe
Signe d’un marché qui gagne en maturité, des chariots télescopiques usagés apparaissent de plus en plus sur le marché. « On est rendu là. On commence à parler plus de machines usagées et neuves tandis que si on recule de 15 ans, on ne vendait que du neuf », signale Yanick Perreault. Plusieurs agriculteurs indécis commencent d’ailleurs par un usagé, souligne le représentant. Mais il insiste : « Quand on a connu un chargeur télescopique avec un set de fourche devant, je vous le dis, on ne reviendra plus jamais avec un tracteur avec une pelle, c’est fini! C’est terminé! La personne ne voudra plus jamais travailler avec ça! C’est 100% réussite! » Quant à ceux qui s’inquièteraient pour la vitesse de déplacement de l’engin, plusieurs modèles atteignent 50 km/heure.