Law-Marot-Milpro appuie sa réputation sur ses séchoirs et nettoyeurs. Photo : Gracieuseté de Law-Marot-Milpro
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S'abonner maintenantUne fois la récolte terminée, la qualité du grain continue de se jouer à l’intérieur des silos. Séchage, ventilation, entreposage et gestion de l’humidité deviennent alors des leviers déterminants pour préserver la valeur de la récolte. Mal maîtrisées, ces étapes peuvent entraîner des pertes économiques importantes; bien contrôlées, elles permettent au contraire d’optimiser la conservation du grain jusqu’à sa mise en marché. Heureusement, il existe des façons permettant de maintenir – voire améliorer – la qualité du grain après la récolte. En voici quelques-unes.
Un taux d’humidité parfait

Sylvain Cliche, représentant technique et expert en projets chez Law-Marot-Milpro, insiste sur l’importance des opérations post-récolte dans le maintien et l’optimisation de la qualité du grain.
La clé réside dans l’atteinte d’un taux d’humidité le plus élevé possible tout en respectant les normes des acheteurs, afin d’éviter les pertes économiques liées au surséchage.
Sécher plus que nécessaire, en plus du coût de production supplémentaire, entraîne une perte de poids – et donc de revenus – sans réel bénéfice pour la conservation.
Le surséchage peut aussi avoir des effets négatifs sur la qualité, notamment une augmentation des grains cassés, particulièrement en maïs. Ces grains brisés et les particules fines nuisent ensuite à l’entreposage : circulation de l’air moins efficace, fermentation plus rapide, échauffement et risques accrus de moisissures ou de mycotoxines, pouvant mener au déclassement, voire au rejet du grain.
Pour atteindre l’humidité cible, Sylvain Cliche souligne l’importance d’un bon contrôle du séchage, appuyé par des équipements précis et une formation adéquate des opérateurs. « Les séchoirs modernes permettent de mesurer l’humidité à l’entrée et à la sortie, mais leur efficacité dépend fortement de la supervision et des ajustements effectués », note-t-il. Bien que souvent moins « attrayant » que les équipements au champ, le séchoir peut générer des gains économiques importants lorsqu’il est bien utilisé.
Une fois le grain entreposé, la ventilation des silos devient tout aussi déterminante. Le choix du moment et des conditions de ventilation est essentiel pour préserver la qualité du grain à long terme.
Sylvain Cliche met également en lumière le rôle souvent sous-estimé des équipements de manutention et de séchage. Certains séchoirs diminuent le poids spécifique, et les convoyeurs ou élévateurs peuvent briser le grain et en dégrader la qualité, tandis que des équipements plus doux réduisent les grains cassés et les pertes subséquentes. Même s’ils représentent un investissement plus élevé, ces équipements peuvent s’avérer rentables à long terme pour les producteurs ayant des volumes importants, en améliorant la qualité et la valeur marchande du grain.
Enfin, il aborde l’importance du nettoyage du grain, particulièrement pour prévenir les problèmes de moisissures et de toxines. « Ce volet est encore plus crucial en production biologique, où l’absence d’herbicides entraîne davantage d’impuretés. Des équipements de nettoyage avant ou après le séchage permettent alors d’éliminer les éléments indésirables et de sécuriser l’entreposage », souligne M. Cliche.
Dire adieu à la poussière

Le directeur des ventes chez Comptoir agricole Ste-Anne, Mathieu Léveillé, rappelle que la qualité du grain après la récolte repose avant tout sur la propreté, le contrôle de l’humidité et une bonne gestion de l’entreposage. Selon lui, « un grain propre est plus facile à conserver et se garde plus longtemps, d’où l’importance des systèmes de dépoussiérage installés à la sortie du séchoir ou juste avant l’entreposage ». En retirant poussières et impuretés, ces systèmes facilitent la circulation de l’air dans la masse de grains et améliorent l’efficacité de la ventilation.
Il insiste ensuite sur le rôle clé des systèmes de monitorage dans les silos, notamment à l’aide de câbles mesurant la température et l’humidité directement à l’intérieur du lot de grains. Ces outils permettent de détecter les points chauds, de déterminer quand ventiler et d’ajuster les conditions pour maintenir un taux d’humidité optimal.
L’objectif est d’éviter autant un grain trop humide – qui serait pénalisé à la vente – qu’un grain trop sec, qui entraîne des pertes économiques importantes.
Un écart de seulement 1 % à 2 % d’humidité peut représenter plusieurs tonnes de grains perdues sur un volume important.
Ces technologies s’appliquent à tous les types de grains, pas seulement au maïs. Elles sont même particulièrement pertinentes pour des cultures de plus grande valeur, comme le soya. Mathieu Léveillé précise qu’elles conviennent autant aux grandes exploitations spécialisées en grandes cultures qu’aux producteurs laitiers ou mixtes : dès qu’il y a entreposage de grains, ces outils peuvent être utiles.
Il rappelle aussi une pratique essentielle, mais parfois négligée : vider le cœur des silos. « Le centre du silo concentre davantage de fines, ce qui favorise la compaction et nuit à la circulation de l’air. En retirant cette partie centrale après le remplissage, on améliore la ventilation de l’ensemble de la masse de grains et on réduit les risques d’échauffement et de détérioration à long terme », explique-t-il. Cette opération ne nécessite pas d’équipement additionnel, mais plutôt une bonne façon de travailler.
Enfin, Mathieu Léveillé insiste sur une approche globale : sécher le grain de façon uniforme, effectuer des tests d’échantillonnage avant l’entreposage, ventiler au bon moment – en tenant compte des conditions météo – et s’appuyer sur les données disponibles, qu’elles proviennent de capteurs ou d’outils d’aide à la décision. L’ensemble de ces pratiques vise à protéger la qualité du grain et à maximiser sa valeur marchande.

Gare aux infiltrations d’eau

Selon Michel Dion, directeur du développement des affaires chez Jolco, la qualité du grain après la récolte dépend d’abord du choix et de l’état des équipements, à commencer par le séchoir. « Il faut un séchoir qui manipule le grain avec douceur. Certains modèles brassent trop le grain et peuvent l’endommager », souligne-t-il. Un séchage efficace doit ainsi permettre de réduire l’humidité tout en préservant l’intégrité des grains.
Le contrôle de l’humidité et de la température dans les installations d’entreposage demeure ensuite essentiel. « Il faut maintenir des conditions optimales à l’intérieur des silos et porter une attention particulière à l’entretien des équipements », insiste M. Dion. Une maintenance annuelle des séchoirs, des silos et des systèmes de ventilation contribue à prévenir les problèmes de conservation à long terme.

Parmi les risques souvent sous-estimés, il mentionne les infiltrations d’eau dans les silos, parfois difficiles à détecter. « Une infiltration lente peut endommager une partie de la récolte sans qu’on s’en rende compte immédiatement. Souvent, on découvre le problème seulement au moment de vider le silo », explique-t-il. D’où l’importance d’une inspection visuelle annuelle des structures.
L’entretien des sorties d’air fait également partie des éléments à surveiller. « Si les évents sont obstrués, que ce soit par des résidus, de l’humidité ou de l’accumulation de neige, l’air circule moins bien et l’humidité reste emprisonnée dans le silo », précise-t-il. Cette situation peut nuire à la conservation du grain et, dans certains cas, causer des dommages à la structure.