Seules les ventes de tracteurs très costauds ont terminé en hausse en 2024, comparativement à 2023. Photo : Martin Ménard/Archives TCN
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S'abonner maintenantIl s’est vendu 1 460 tracteurs et six moissonneuses-batteuses de moins au Québec en 2024 comparativement à 2023, indiquent les chiffres de l’Association des marchands de machines aratoires du Québec (AMMAQ).
« Ça n’a pas été une année facile. Tout le monde est sur les breaks », résume André Savard, directeur général de l’AMMAQ. Un représentant a même confié à La Terre qu’il faut remonter à 2015 pour assister à une telle diminution des ventes.
Une combinaison parfaite
La diminution des ventes de tracteurs neufs s’explique par une combinaison parfaite de facteurs : des taux d’intérêt plus élevés, le prix des grains à la baisse et l’augmentation du prix des tracteurs par les manufacturiers, d’une part, et la dévaluation du dollar canadien, qui a fait augmenter le prix des tracteurs américains, d’autre part. Étonnamment, seules les ventes de tracteurs de type articulé ont connu une hausse, avec huit spécimens vendus de plus comparativement à 2023.
L’inventaire d’usagés grimpe
La cour de plusieurs concessionnaires est remplie de tracteurs usagés. Une telle situation est généralisée au Québec, au Canada anglais et aux États-Unis, indique André Savard.
Au moment de l’entrevue, ce dernier venait justement de discuter avec son homologue, d’une association américaine de machineries.
Les parcs d’usagés sont pleins aux États-Unis. Ce qu’on me dit là-bas, c’est qu’il y a eu beaucoup de transferts de ferme, et les enfants qui prennent la relève regardent la situation économique de la ferme et vont peut-être prioriser d’investir dans les infrastructures et le troupeau plutôt que dans la machinerie.
Le contexte politique a également créé de l’incertitude chez les agriculteurs américains, incitant plusieurs à attendre l’issue des élections avant de se lancer dans de grands achats. Cette même incertitude doit maintenant prévaloir avec les menaces de guerre commerciales, suppose M. Savard.
La situation américaine affecte le Québec, qui avait l’habitude d’y exporter des tracteurs usagés. La saturation du marché de l’usagé américain contribue ainsi à saturer celui du Québec, dépeint-il.