Les petits groupes caractérisent l’enseignement à la Maison familiale rurale du Granit. Cette école unique au Québec dispose aussi d’une érablière-école et d’une ferme-école, puis peut compter sur l’appui d’agriculteurs locaux pour les travaux pratiques, par exemple aux champs. Photo : Photos : Gracieuseté de la Maison familiale rurale du Granit
Ce contenu est réservé aux abonnés.
Se connecterSi ce n’est pas déjà fait, abonnez-vous pour moins de 1 $ par semaine.
S'abonner maintenantPrès d’une centaine de jeunes de partout au Québec commencent l’année scolaire avec la promesse de passer au moins la moitié de leur temps dans une ferme. Depuis 1998, la Maison familiale rurale (MFR) du Granit offre la possibilité de terminer à la fois un diplôme d’études secondaires (DES) et un diplôme d’études professionnelles (DEP) à vocation agricole ou forestière.
Après avoir fait une partie de son primaire à la maison, Saralee Morin a commencé son secondaire à La Sarre, il y a quelques années. « Je n’avais comme pas d’amis et c’était plate. À la fin de mon secondaire 2, mes parents m’ont parlé de cette école. J’ai dit : ‘‘Pourquoi pas?’’ » raconte celle qui s’est ainsi exilée vers l’Estrie, à plus de dix heures de route de son Abitibi natale.
Arrivée à Saint-Romain, elle a découvert une nouvelle famille. « Deux semaines [par mois], tu es à l’école et les deux autres, tu es en stage dans une ferme. Tu peux dormir là-bas et tu vis la vie à la ferme », relate-t-elle. À peine diplômée, Saralee souhaite reprendre l’élevage bovin familial, à Sainte-Hélène-de-Mancebourg.

Le programme secondaire est tout de même respecté à la lettre, insiste Martin Breton, directeur général de ce projet pédagogique unique au Québec et inspiré des quelque 500 MFR françaises. « On fait 8 heures de cours par jour, soutient-il. Nos élèves sont sur place, donc on commence à 8 h et on termine à 17 h 15. Après souper, le soir, il y a encore des cours comme éducation physique ou art dramatique. Notre journée en vaut deux. »
Il ajoute que la majorité des jeunes de la MFR « ne cadrent pas » dans le système scolaire. À l’issue de leur parcours, 100 % d’entre eux décrochent leur DEP et 50 %, leur DES.
Mais sur le 50 % qui restent, ils sont presque rendus, il manque une matière, souvent le français. Ils peuvent terminer aux adultes. Et quand ils terminent en secondaire 5, 85 % des jeunes font un autre DEP; par exemple, en mécanique agricole ou entretien de véhicules lourds. Il y a des choses qui se sont réveillées.
Provenant d’une famille agricole de Saint-Romain, Alan Quirion attendait depuis le primaire de pouvoir entrer à la MFR. Celui qui est doué à l’école y voit non seulement une nouvelle famille qui partage des intérêts communs, mais aussi l’occasion de développer son réseau aux quatre coins du Québec.
« Depuis que j’ai commencé en première année que j’ai hâte de finir pour travailler. On dirait que je ne réalise pas encore que c’est ma dernière année », témoigne l’étudiant, qui rêve aussi du voyage des finissants. « Assez souvent, on va en Europe. On voit des techniques différentes. Ils n’ont pas les mêmes types de sols. Ce sont plein d’autres apprentissages. »
Chaque année, la MFR organise une journée portes ouvertes pour présenter ses programmes de production animale (équine, bovine, laitière), de production acéricole, d’abattage manuel et de débardage forestier. La prochaine aura lieu le 22 février 2026 à l’intention des jeunes qui entreront en 3e, 4e ou 5e secondaire.