Les techniques de travail de sol ont évolué avec le temps et de plus en plus d'agriculteurs privilégient des méthodes douces comme le travail léger, le semis-direct ou encore le semis sur couverture végétale permanente. Photo : Photos : Gracieuseté de Louis Pérusse
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S'abonner maintenantLe concept n’est pas nouveau, mais l’avènement des changements climatiques appelle à une vigilance accrue. Moins on travaille le sol et on privilégie des techniques douces comme le travail de surface léger, le semis direct, le maintien d’une couverture végétale continue aux champs, ou l’introduction d’engrais verts, plus on prévient la dégradation des propriétés du sol, en particulier de la matière organique disponible dans l’horizon de surface.
Ces pratiques culturales durables, qui ont plus ou moins la cote selon les régions pédoclimatiques du Québec et les cultures qu’on y privilégie, agiraient donc, selon les experts que L’UtiliTerre a consultés, comme une police d’assurance pour améliorer la résilience des sols agricoles et faire face à des événements qui tendent à se rapprocher des extrêmes plutôt que des moyennes historiques.

Et il n’est pas trop tard pour s’y mettre : ceux qui sont déjà rompus aux pratiques de travail réduit du sol, voire d’absence de travail du sol, y gagnent rapidement au change tant en termes de rendement que de rationalisation du temps et des intrants investis sous leurs pieds. Ils apprennent ainsi à travailler main dans la main avec de nouvelles formes de vie sous terre et peuvent compter sur une panoplie d’outils mis à leur disposition tant pas les agronomes que par l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA), notamment.
Pour ce dossier, L’UtiliTerre s’est entretenu avec Marc-Olivier Gasser, de l’IRDA, qui a bouclé en 2023, l’Étude sur l’état de santé des sols agricoles du Québec (EESSAQ), un premier inventaire représentatif de l’ensemble des sols cultivés au Québec depuis 1990.
L’IRDA déploie d’ailleurs une panoplie d’outils, dont l’application ProfilSol, pour aider les agriculteurs de la province à prendre soin de leurs sols, un investissement qui peut s’avérer payant dans le contexte des changements climatiques.
De plus, une petite révolution initiée dans le Bas-Saint-Laurent gagne du terrain, en particulier dans les régions périphériques, pour réduire le travail du sol et ainsi permettre à la biodiversité de s’exprimer en faveur de la santé des sols. Rencontre avec l’agronome Louis Pérusse, véritable pionnier de l’approche du semis direct sur couverture végétale permanente (SCV) dans la province, qui prêche depuis plus d’un quart de siècle pour ces solutions basées sur la nature.