Les pertes économiques associées au métapneumovirus aviaire sont « directement et proportionnellement liées à la dispersion rapide du virus entre les élevages et aux conséquences des infections secondaires », spécifie l’EQCMA. Photo : Martin Ménard/Archives TCN
Ce contenu est réservé aux abonnés.
Se connecterSi ce n’est pas déjà fait, abonnez-vous pour moins de 1 $ par semaine.
S'abonner maintenantEn mars dernier, l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) a autorisé, à la demande des vétérinaires, l’importation en urgence de vaccins contre le métapneumovirus aviaire, aussi connu sous le nom de rhinotrachéite du dindon ou de syndrome de la tête enflée chez les poulets.
Le Canada était auparavant exempt de cette maladie. Or, depuis un an, des dizaines de cas ont été répertoriés dans des élevages commerciaux de volailles en Ontario, au Manitoba et, depuis septembre, au Québec, avec trois cas notamment en Montérégie et au nord de Montréal. « Deux de ces cas concernaient des reproducteurs à chair et le troisième, un élevage de dindes », récapitule le vétérinaire Jean-Pierre Vaillancourt, professeur à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal.
Selon lui, il est encore difficile de se faire une idée claire de la prévalence et de l’incidence du virus dans les fermes, puisqu’il y aurait plus de foyers que ce qui est rapporté et soumis au laboratoire du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec.
Nous savons, par contre, qu’il frappe dans beaucoup d’États américains et en Ontario. La dernière fois qu’il y a eu ce virus dans des élevages commerciaux aux États-Unis, c’était au Minnesota et au Colorado. L’éradication du virus a pris plusieurs années et beaucoup d’efforts.
Bien qu’il n’y ait pas lieu de paniquer, insiste le vétérinaire, il est néanmoins préférable « de ne pas laisser le virus circuler dans les fermes ».
Il n’existe actuellement aucun vaccin homologué au Canada contre cette maladie. C’est pourquoi l’ACIA vient d’autoriser, de manière exceptionnelle, l’importation du vaccin en provenance des États-Unis en cas d’urgence, « sans que la compagnie qui le produit ait à passer à travers toutes les étapes afin de faire approuver un vaccin au Canada », spécifie M. Vaillancourt. L’idée étant de pouvoir intervenir rapidement pour réduire l’effet de la maladie dans les élevages infectés et dans l’environnement.
Les éleveurs en parlent peu
Le métapneumovirus aviaire n’est pas considéré comme une zoonose et ne pose pas de risque pour la salubrité des aliments. D’ailleurs, aucun programme de contrôle ou d’éradication n’est nécessaire, mais les vétérinaires doivent déclarer les cas à l’ACIA, qui, à son tour, doit les rapporter à l’Organisation mondiale de la santé animale, « car cette maladie a des impacts sur le commerce international, et particulièrement avec les États-Unis », spécifie l’Équipe québécoise de contrôle des maladies avicoles (EQCMA) dans un communiqué.
Le métapneumovirus aviaire provoque une infection aiguë très contagieuse des voies respiratoires supérieures, principalement chez les dindons, les poulets et les canards. Les oiseaux infectés présentent différents symptômes, comme un tremblement de la tête et une baisse de ponte. Les dindes y sont plus sensibles que les autres espèces, alors que le taux de mortalité des troupeaux infectés « peut parfois aller jusqu’à 50 % », mentionne Nathalie Robin, directrice des audits et des programmes chez Les Éleveurs de volailles du Québec (EVQ).
Dans les fermes, le sujet est encore nouveau et peu évoqué, constate-t-elle. « Les éleveurs sont beaucoup plus préoccupés par la grippe aviaire que par le métapneumovirus actuellement. Mais en fait, les efforts qui sont faits pour renforcer la biosécurité pour la grippe aviaire, ça aide aussi pour cette maladie », spécifie-t-elle. Cela s’explique par le fait que les oiseaux sauvages et migrateurs en sont le principal vecteur.