Le nouvel acquéreur, Simon Piché, est conscient que l’abattoir a fait face à de nombreux problèmes. Photos : Gracieuseté de Simon Piché
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S'abonner maintenantLe restaurateur Simon Piché se porte acquéreur de l’ensemble des actifs de la Coopérative de solidarité Massicotte. Il compte relancer les activités de l’abattoir de volailles de Saint-Luc-de-Vincennes, en Mauricie, en partenariat avec les éleveurs de poulets Francis Landry et Catherine Althot, de la Ferme l’air bête.
En mars, l’abattoir a cessé ses activités faute d’avoir respecté le plan de redressement proposé à ses créanciers, après que l’organisation se soit placée sous la protection de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité, en juin 2025, en raison de difficultés financières. Elle cumulait une dette de 1,2 M$ envers ses créanciers garantis, de 600 000 $ envers ses créanciers non garantis ainsi qu’une dette envers ses membres.

Une entente de principe a été conclue au début juin 2026, au terme d’un processus de sollicitation d’investisseurs mené par le syndic Gino Bouchard, responsable du dossier chez Lemieux Nolet. Selon lui, la transaction devrait se clore vers la mi-juillet.
Le montant négocié n’a pas été dévoilé. Toutefois, la valeur des actifs de l’abattoir était évaluée à près de 490 000 $. « Ils devraient être capables de rentabiliser, surtout au prix payé, parce que c’est quand même un financement qui est extrêmement plus petit que l’ancienne structure d’endettement. Ça va être plus simple de rentabiliser la chose », dit-il.
Nombreux problèmes
Le nouvel acquéreur, Simon Piché, est conscient que l’abattoir a fait face à de nombreux problèmes, tant depuis la création de la coopérative, il y a 10 ans, que depuis la relance des activités d’abattage en juin 2023. En effet, La Terre rapportait, en 2024, qu’en raison d’un retard de raccordement au réseau d’Hydro-Québec, l’organisme avait démarré ses activités avec un déficit de 30 000 $. La non-conformité du système de traitement des eaux a également posé problème et empêché l’accroissement de la capacité d’abattage.
« Il y a assurément une viabilité, soutient M. Piché. C’est sûr qu’on part avec une petite dette. C’est ce qui va aider à rentabiliser, mais avec les calculs que je fais, je ne sais pas comment je ferais pour fermer. »
Si ce boucher-charcutier, qui a été gestionnaire chez Sobeys avant de se lancer en restauration, misera sur le nombre grandissant de petits producteurs de volailles dans la région et sur l’augmentation de la demande pour le désossage de viande de gibier, il estime que la viabilité réside dans la vente de produits à valeur ajoutée. « Je veux surtout m’en aller dans des produits transformés, parce que la viabilité est toujours dans la transformation, mentionne le restaurateur. On fait déjà tous nos pepperonis, nos charcuteries, nos saucisses, etc. Là, en ayant un [permis de vente en gros de viande et de produits carnés du ministère de l’Agriculture] C1, ça me permet maintenant de pouvoir le faire pour la revente au détail, de faire de la transformation locale, d’aller dans la restauration et dans les épiceries. »
Au cours de la première année, le groupe d’investisseurs veut consacrer deux jours par semaine à l’abattage et trois jours à la transformation. « Mon objectif, honnêtement, sur deux ans, c’est qu’on devrait virer trois fois le chiffre d’affaires de l’année passée », souligne Simon Piché.
Prochain défi
Lorsque la transaction sera finalisée, les investisseurs devraient prendre possession des installations le 22 juillet. Le prochain défi consistera à obtenir l’aval du ministère de l’Agriculture afin de relancer les activités d’abattage le plus rapidement possible.