Le président des Éleveurs de volailles du Québec, Benoît Fontaine, explique l’insatisfaction actuelle par le fait que le quota de poulet est « un bien très recherché ». Photo : Pascal Ratthé/EVQ
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S'abonner maintenant*Une précision a été apportée au texte original publié le 24 avril 2026. Voir au bas de l’article pour les détails
Depuis un an, un nouveau système anti-emballement des prix, utilisé pour la vente de quota de poulet, crée de l’insatisfaction chez des éleveurs qui souhaitent augmenter leur production.
« L’enjeu est que le quota de poulet est un bien très recherché, et qu’il y a plus de personnes qui veulent en acheter qu’en vendre », souligne Benoît Fontaine, président des Éleveurs de volailles du Québec (EVQ), en entrevue avec La Terre.
Selon lui, le système a quand même bien fait son travail pour freiner ce qu’il nomme l’inflation « galopante », c’est-à-dire pour limiter les hausses excessives et rapides du prix des quotas. Or, plusieurs éleveurs en attente de quota pour réaliser leur projet ont été déçus de ne pouvoir mettre la main sur une part de la tarte disponible.
Juste dans la zone 3 [l’ouest du Québec], on avait [lors de la dernière séance] 109 acheteurs intéressés, et seulement 6 ont réussi à obtenir du quota. C’est 95 % d’entre eux qui n’y ont pas eu accès.
Lors de l’assemblée générale annuelle des EVQ, tenue à Québec les 15 et 16 avril, les délégués ont adopté une résolution demandant d’apporter des modifications au système centralisé de vente de quota de poulet, notamment afin de le rendre « plus simple, transparent, équitable et prévisible ». À cette fin, ils suggèrent entre autres d’instaurer un plafond évolutif, qui s’ajusterait en fonction de la croissance de la production et de l’inflation, en plus de diviser l’offre par le nombre de demandes dans le but de faire une répartition plus équitable des quotas entre tous les producteurs. « Au final, il n’y aura pas plus de quotas à vendre, mais tout le monde aura un plus petit morceau de la tarte disponible. C’est probablement vers ça qu’on s’en va », résume M. Fontaine.
Un effort de simplification des règlements
Plusieurs souhaitent également une simplification de la réglementation de production du poulet et du dindon, comme l’a exprimé au micro l’éleveur Gaétan Phaneuf, avec une certaine exaspération. « À un moment donné, on vient perdu. Il y a la réglementation antérieure, la nouvelle […], des entrants et sortants qui ne sont pas cumulés à la même place… C’est compliqué! J’aimerais ça qu’on essaie d’éclaircir ça », a-t-il demandé.
Le président des EVQ a répondu que son objectif était justement d’enlever une page de règlements minimum par année, en plus d’uniformiser la nomenclature et différentes notions des règlements de production de poulet et de dindon, « qui ont évolué en silo dans les dernières années », a-t-il souligné. L’organisation précise que la tâche requiert une grande gymnastique, mais que la simplification de plusieurs sections particulières des règlements, comme celle qui concerne le transfert de fermes, est déjà entamée.
Précision
Dans cet article, il est indiqué que les délégués des Éleveurs de volailles du Québec demandaient, dans une résolution adoptée à leur assemblée générale annuelle, la suspension des ventes de quotas via leur système centralisé de vente, le temps d’y apporter des changements pour le rendre « plus simple, transparent, équitable et prévisible ». Or, lors de l’étude de la résolution, qui s’est déroulée en huis clos, celle-ci avait été amendée, afin que les ventes de quota ne soient pas suspendues pendant le processus de modification du système.