Volailles 14 février 2025

Le plus gros site d’élevage au Canada inaugure un nouveau poulailler

NOTRE-DAME-DE-STANBRIDGE – Il a fallu 8 000 tonnes de petites pierres, 46 camions de béton et l’équivalent d’un kilomètre de murs à assembler avant de pouvoir inaugurer, le 7 février, un imposant poulailler à Notre-Dame-de-Stanbridge, en Estrie, sur le plus gros site d’élevage de volailles au Canada.

Le nouveau poulailler de la Ferme avicole Benoît Fontaine en a remplacé un de grandeur similaire qui avait été construit en 2021, mais qui a été la proie d’un violent incendie, en juin 2024. Une équipe de construction achevait alors la construction d’un poulailler juste à côté. La logistique pour la reconstruction rapide de celui qui venait de brûler a donc pu être mise en branle rapidement. « Au lieu d’un, on a donc construit deux poulaillers identiques un après l’autre », rapporte Pascal Monnier, l’une des deux relèves de la ferme.

Le poulailler a été complètement reconstruit après un incendie qui l’a ravagé, en juin dernier.

En un temps presque record, soit environ six mois, la carasse brûlée a donc été remplacée par un vaste bâtiment de trois étages, faisant 124 mètres de long sur 12 mètres de large (400 sur 40 pieds), et pouvant accueillir un total de 75 000 poussins, soit 25 000 par étage. Ce modèle de bâtiment compte parmi les plus gros dans l’élevage de poulet au Québec et au Canada, « la moyenne étant d’environ 20 000 poulets par étage », indique M. Monnier.

L’entreprise possède aujourd’hui trois poulaillers semblables de 75 000 oiseaux chacun, en plus de trois autres bâtiments d’élevage de dindons, dont deux de 20 000 dindons chacun, et un autre pouvant en accueillir 10 000.

Chaque aire d’élevage accueille 25 000 poulets, donc 75 000 au total sur les trois étages du poulailler.

Trois étages plutôt qu’un

Dans les dernières années, ce sont surtout les constructions de poulailler sur un étage qui ont la cote parce qu’ils facilitent la mécanisation progressive des opérations d’attrapage de poulet. Malgré tout, le propriétaire de la ferme, Benoît Fontaine, fait valoir que son choix de continuer à construire des poulaillers sur trois étages en est d’abord un d’efficacité énergétique, parce que les étages supérieurs peuvent être chauffés à moindre coût. « Le deuxième étage consomme, par exemple, 45 % moins de gaz propane que le premier », justifie-t-il. 

Ce modèle permet aussi de diminuer les coûts de construction, en plus de maximiser l’espace nécessaire à l’élevage sur le site de production, ajoute-t-il. « Le plus efficace encore, ce serait d’avoir quatre étages », lance à la blague celui qui est également président des Éleveurs de volailles du Québec.

La construction d’un bâtiment de cette taille représente certains défis, qui résident surtout dans la finition, par exemple avec l’installation des mangeoires pour lesquelles aucun détail ne doit être laissé au hasard, indique Pascal Monnier.

Mais j’ouvrirais une brèche, car ça ne se fait pas. Il y a des gens qui n’aiment pas ça, parce que ça limite la mécanisation des activités pour l’attrapage, mais au Québec, on a 1 543 poulaillers, et 55 % du volume de poulet est élevé dans des poulaillers à trois étages, donc, avant que tous ces bâtiments soient remplacés par des poulaillers d’un étage, vous ne serez pas là et moi non plus.

Benoît Fontaine, propriétaire de la Ferme avicole Benoît Fontaine

La construction d’un bâtiment de cette taille représente certains défis, qui résident surtout dans la finition, par exemple avec l’installation des mangeoires pour lesquelles aucun détail ne doit être laissé au hasard, mentionne Pascal Monnier. Même chose du côté de l’éclairage, avec des circuits de 99 luminaires par étage, donc environ 300 au total, ce qui représente « un nombre assez important pour un bâtiment au Québec, mais pas par rapport aux États-Unis, où certains poulaillers peuvent faire jusqu’à 700 pieds de long », relativise Josée Charbonneau, directrice de la mise en marché chez Purrple, qui a installé les luminaires pour l’éclairage du poulailler de la Ferme avicole Benoît Fontaine.


La délicate étape du déchargement des poussins

Deux camions transportant un total de 75 000 poussins sont arrivés sur le site d’élevage de la ferme avicole Benoît Fontaine le 7 février, jour où l’un des poulaillers était prêt à accueillir ses nouveaux pensionnaires. Une étape qui ne se fait pas à la légère, surtout pour un nombre si important d’oiseaux, signale Patrice Viens, directeur de la production avicole à la coopérative Agiska. Il mentionne que le poulailler doit préalablement avoir été lavé et chauffé. « Mais il y a aussi l’étape entre le déchargement du camion et l’entrée au poulailler qui est très importante, ajoute-t-il. Aujourd’hui, par exemple, avec le vent, c’est un défi. Car quand les poussins sont dans le camion, la température est contrôlée, mais quand ils sont dans l’ascenseur, ils sont au vent, et il ne faut pas qu’ils aient froid. » La transition doit donc se dérouler très vite. Pour ce faire, un premier employé dans le camion dépose les caisses de poussins sur un ascenseur qui gravit ensuite les étages où un autre employé attend les caisses pour les rentrer dans le bâtiment. L’opération se réalise en quelques minutes seulement.