Volailles 17 janvier 2025

Grippe aviaire : un risque encore « faible » pour l’humain

Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) dit surveiller de près la transmission de la grippe aviaire H5N1 à l’humain dans la province. Il estime néanmoins qu’actuellement, ce risque est « faible », bien qu’il augmente pour les personnes qui sont en contact avec des animaux pouvant être infectés.

Le Ministère spécifie qu’il n’y a encore aucun vaccin disponible au Canada pour protéger la population humaine des risques de contracter le virus. « Des échanges se poursuivent cependant en continu entre le MSSS et l’Agence de la santé publique du Canada afin d’être à l’affût de tout développement quant à la disponibilité d’un vaccin, le cas échéant. En fonction de l’évolution du niveau de risque, la situation serait réévaluée rapidement, en collaboration avec les partenaires impliqués », précise Marie-Pierre Blier, porte-parole du MSSS.

Rappelons que l’année 2024 a été marquée par le premier cas humain de grippe aviaire H5N1 au pays, chez une adolescente de la Colombie-Britannique qui a été gravement affectée par le virus. Du côté des États-Unis, ce sont 57 cas humains qui ont été signalés dans la dernière année, alors que le pays recensait un premier décès lié à la maladie au début janvier. 

Le vaccin contre la grippe saisonnière peut-il aider?

Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) recommande aux travailleurs agricoles qui sont en contact avec les animaux ou leurs carcasses de se faire vacciner contre la grippe saisonnière.  Bien que ce vaccin ne protège pas contre la grippe aviaire, il pourrait néanmoins aider à prévenir certaines mutations du virus, croit le Dr Jean-Pierre Vaillancourt, professeur titulaire à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal.

Cette mesure pourrait, potentiellement, réduire la probabilité qu’une personne serve de vaisseau pour deux virus influenza : un aviaire et l’autre, humain. Car la rencontre de ces deux virus pourrait favoriser un réassortiment qui créerait une nouvelle souche ayant des propriétés zoonotiques supérieures.

Dr Jean-Pierre Vaillancourt, professeur titulaire à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal

Au Québec, l’obligation à la vaccination est toutefois une mesure qui ne peut être justifiée « que dans des circonstances exceptionnelles et elle n’est donc pas envisagée dans le contexte actuel », souligne le MSSS. La vaccination contre l’influenza saisonnière est néanmoins disponible et gratuite pour toute la population québécoise. Des entreprises comme le transformateur Exceldor organisent des cliniques de vaccination en milieu de travail pour encourager leurs travailleurs à s’en prévaloir.

Des travailleurs informés des risques pour leur santé

Lorsqu’un troupeau de volaille est infecté par la grippe aviaire au Québec, l’Agence canadienne d’inspection des ­aliments n’est pas le seul organisme gouvernemental à intervenir. Des responsables du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec et des directions régionales de santé publique concernées accompagnent ­également les producteurs agricoles, précise le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS). « Les travailleurs sont informés des risques pour leur santé, des symptômes à surveiller, des mesures à prendre si des symptômes apparaissent et des mesures de prévention de la transmission à mettre en place jusqu’à la désinfection de l’élevage », explique Marie-Pierre Blier, porte-parole au MSSS.