Volailles 17 avril 2026

Grippe aviaire : le Canada veut tester les vaccins sur le terrain 

L’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) élabore présentement un essai terrain de vaccination contre l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) dans deux élevages de volailles. 

Le plan est de mener cet essai en conditions confinées, « dans un élevage de poules pondeuses et une autre de dindons au Manitoba, en raison de leur proximité avec le laboratoire du Centre national des maladies animales exotiques, situé à Winnipeg, où les oiseaux pourront être transportés plus facilement », a résumé la Dre Manon Racicot, vétérinaire épidémiologiste à l’ACIA, lors d’une conférence présentée à l’assemblée générale annuelle de l’Équipe québécoise de contrôle des maladies avicoles, en février.

« On veut aller tester deux vaccins directement dans les fermes, et tester la logistique. Comment ça va fonctionner pour la surveillance? Est-ce qu’on va être capables de détecter les anticorps? Est-ce qu’il va y avoir une bonne réponse immunitaire? On veut également emporter les animaux qui vont être vaccinés au laboratoire de référence à Winnipeg pour les infecter et voir comment ils répondent à l’infection », a-t-elle expliqué. 

Le projet se déroulera donc à petite échelle, mais dans un contexte terrain qui inclut tous les acteurs de l’industrie, à commencer par le couvoir, qui aura la responsabilité de vacciner les poussins, jusqu’aux partenaires commerciaux internationaux, qui recevront une communication officielle et un préavis concernant l’essai terrain. 

L’un des principaux enjeux d’une stratégie de vaccination demeure la question de la traçabilité des oiseaux vaccinés, exigée par les partenaires commerciaux, qui implique une surveillance accrue de la circulation du virus parmi les oiseaux vaccinés. C’est ce qui fait augmenter considérablement les coûts de la vaccination, a laissé entendre la Dre Racicot. L’essai terrain qui est dans les plans fournira donc des informations sur les besoins en matière de traçabilité pour l’application de la vaccination à plus grande échelle, et aidera à guider l’industrie si elle décidait éventuellement d’aller dans cette direction. 

Une initiative bien accueillie

Les Producteurs d’œufs du Canada voient d’un bon œil cette préparation de la stratégie canadienne de vaccination, qui pourrait éventuellement « offrir un outil supplémentaire à l’industrie pour lutter contre le virus de manière globale », ont-ils indiqué à La Terre. L’organisation fait partie du groupe rassemblant des experts, des éleveurs, des vétérinaires et d’autres parties prenantes de la chaîne de valeur avicole pour discuter de la faisabilité et de la logistique du programme de vaccination.

Les étapes à franchir pour mettre en branle l’essai terrain pourraient toutefois encore être longues, a averti la Dre Racicot, en raison de leur complexité, notamment pour la question du financement. Entre-temps, elle souligne que tant qu’il n’y a pas de propagation rapide de la grippe aviaire d’une ferme à l’autre sur le territoire, il est encore plus efficace et rentable de corriger les failles de biosécurité sur les sites d’élevage que de lancer la vaccination à plus grande échelle. 

L’ACIA souligne d’ailleurs, dans une réponse fournie par courriel, qu’aucune décision officielle n’a encore été prise quant à la stratégie vaccinale du Canada.