Volailles 25 septembre 2025

Grippe aviaire : autre coup dur pour Canards du Lac Brome

Déjà fortement affaiblie par un épisode de grippe aviaire au printemps 2022, qui avait décimé tous ses élevages de canards, y compris son site de reproduction de Knowlton, en Estrie, l’entreprise Canards du Lac Brome a confirmé, le 17 septembre, que ce dernier site était à nouveau frappé par un cas d’influenza aviaire de sous-type H5N1.

Selon la déclaration officielle de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) faite à l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA), le 25 septembre, 61 865 oiseaux devront être euthanasiés sur ce site d’élevage commercial de volailles. Outre les canards, l’ACIA signale également la présence sur les lieux de dindes de chair et de dindes de reproduction (voir encadré).

Canards du Lac Brome a de son côté déclaré par voie de communiqué qu’elle collaborait de près avec les spécialistes de l’ACIA et du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec afin de combattre la maladie et réduire les risques de propagation. « Des mesures de biosécurité rigoureuses ont été mises en place, comme le nettoyage et la désinfection d’équipements, de chaussures et de pneus des véhicules, le tout sous la supervision du personnel de l’ACIA », a-t-elle indiqué en précisant qu’elle n’émettra pas de commentaires additionnels à ce stade-ci.

Dans son rapport, l’ACIA indique que la souche d’influenza aviaire détectée sur place est un réassortiment de souches eurasienne et nord-américaine. Il s’agit de la même souche détectée dans un élevage de canards reproducteurs en Alberta, le 7 septembre dernier, où 3 000 oiseaux ont dû être euthanasiés.

Malgré des mesures de biosécurité renforcée

Dans une précédente entrevue accordée à La Terre en avril 2023, le propriétaire de Canards du Lac Brome, Mario Côté, avait confié que les mesures de biosécurité sur les sites d’élevage de canards de l’entreprise avaient été renforcées « d’un cran, et même deux », après l’épisode dévastateur de grippe aviaire du printemps 2022, qui avait causé des pertes qu’il évaluait alors à près de 10 M$. Des douches avaient, par exemple, été installées à l’entrée des fermes, à l’instar de ce qui se fait dans les maternités porcines.


Les EVQ surpris par la présence de dindes de reproduction sur le site

Si les Éleveurs de volailles du Québec (EVQ) confirment que le Groupe Mario Côté, propriétaire de Canards du Lac Brome, était bel et bien détenteur de quota de production pour l’élevage de dindons de chair et de poulet, ils s’étonnent d’apprendre que l’entreprise avait également sur son site d’élevage de Knowlton, en Estrie, des dindons de reproduction, tel que le dévoile le rapport de l’ACIA transmis à l’OMSA, le 25 septembre. « Ça ne concorde pas avec nos données. Ce n’est pas interdit de faire de l’élevage de dindons de reproduction, mais il faut être détenteur d’un quota spécifique de ponte de [dindon] léger ou lourd. L’entreprise n’en a pas », indique Benoît Fontaine, président des EVQ, qui s’avoue stupéfait par cette situation. Les EVQ disent avoir contacté l’entreprise pour obtenir davantage d’explications. Si une infraction au Règlement sur la production et la mise en marché du dindon est soupçonnée, le dossier sera acheminé à la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec, précise l’organisation.

Combinaison canards-dindons, une bonne idée?

Les canards ont la réputation d’être plus résistants que d’autres espèces de volailles à la grippe aviaire, pouvant ainsi sécréter le virus sur une plus longue période avant de manifester les premiers symptômes. Les dindons, de leur côté, y seraient plus fragiles. Dans ce contexte, est-ce une bonne idée de combiner sur un même site d’élevage ces deux espèces? « Rien ne l’interdit dans le règlement, ça reste donc à la discrétion des éleveurs », répond Benoît Fontaine, président des EVQ. Il ajoute néanmoins que d’un « d’un point de vue épidémiologique », cette combinaison semble en effet plus risquée. « [Le site d’élevage de canards de Knowlton], c’est probablement la seule ferme au Québec à faire les deux types d’élevage au même endroit », avance-t-il.