Les importations de poulet sont soumises à des droits tarifaires plus élevés, ce qui n’est pas le cas de la poule de réforme. Photo : Archives/TCN
Ce contenu est réservé aux abonnés.
Se connecterSi ce n’est pas déjà fait, abonnez-vous pour moins de 1 $ par semaine.
S'abonner maintenantLes importations frauduleuses de poulet étiqueté à tort comme de la poule de réforme ont considérablement chuté après une annonce du gouvernement fédéral évoquant sa volonté de renforcer le contrôle à la frontière canadienne, le 20 mars dernier.
C’est la crainte que les tests ADN soient appliqués à la frontière qui aurait freiné les importateurs en les dissuadant de tenter leur chance, ne sachant trop si le test sera utilisé ou non, résume Benoît Fontaine, président des Éleveurs de volailles du Québec.
Tout de suite, il y a un manque à gagner d’environ 2 M de kilogrammes de viande qui n’est pas rentrée et qu’on pourra produire. Donc c’est une excellente nouvelle.
Depuis plusieurs années, le problème de fausses poules de réforme à la frontière préoccupe l’industrie du poulet, puisqu’il prive le secteur d’une partie de la production au pays.
Ce stratagème consiste à étiqueter frauduleusement de la viande de poulet comme de la poule de réforme, laquelle n’est soumise à aucune limite ou taxe, contrairement à celle de poulet. La volaille de réforme est une catégorie de viande moins coûteuse, plus coriace et ayant un goût différent du poulet à griller.
Les Producteurs de poulet du Canada (PPC) réclament depuis longtemps des mesures pour résoudre ce problème. Ils ont d’ailleurs financé des recherches, il y a une dizaine d’années, en collaboration avec l’Université Trent, en Ontario, pour développer un test ADN fiable permettant de distinguer avec précision les deux types de viande. Ce test n’est toutefois pas encore utilisé de manière systématique par les agents frontaliers.
Selon les PPC, l’importation frauduleuse de poules de réforme a coûté au Canada 1 400 emplois, 105 M$ en contributions économiques, 35 M$ de taxes et au moins 66 M$ en revenus publics par année. Ils saluent la volonté du gouvernent fédéral de renforcer les mesures de détection. « Nous sommes convaincus que l’engagement du gouvernement en faveur de la collaboration et d’une action décisive aboutira à la mise en œuvre de tests ADN en tant que moyen de répression », a déclaré Tim Klompmaker, président des PPC, dans un communiqué.