Serres 20 novembre 2025

Les serres et les fraises feront (presque) chambre à part

SAINT-HYACINTHE Après plus de deux ans, la saga entre l’Association des producteurs de fraises et de framboises du Québec (APFFQ) et les Producteurs en serre du Québec (PSQ) tire à sa fin. Les producteurs de fraises en serre seront finalement exclus de la future chambre de coordination et de développement (CDD) serricole, au même titre que les producteurs de plants forestiers et de cannabis.

Depuis le dépôt de la première étape du projet serricole à la Régie des marchés agricoles et agroalimentaires du Québec, en mai 2023, les producteurs de fraises et de framboises en serre émettaient des craintes de devoir financer les activités d’une deuxième CDD, et de voir les activités des deux chambres se chevaucher. « C’était comme si on voulait défaire leur chambre de coordination et de développement [en place depuis 1999] et ça a fait comme une guerre de principe », a mentionné le président des PSQ, André Mousseau, en assemblée générale annuelle, le 19 novembre. Le dossier s’est retrouvé entre les mains d’avocats en 2024.

En raison du différend, l’Union des producteurs agricoles a coupé l’aide financière accordée aux deux organisations en vertu du Fonds de défense professionnelle. Devant le manque d’appuis et de moyens, les PSQ ont cédé à la demande d’exclusion des fraises. En contrepartie, l’APFFQ accordera un montant annuel aux PSQ afin qu’ils défendent les intérêts des producteurs de fraises liés aux techniques de production en serre, alors que la CDD des fraises gardera sous son giron les activités de promotion et de recherche et développement du petit fruit. Un poste d’administrateur représentant les serres sera également ouvert au conseil d’administration de la CDD des fraises.

Au moment de mettre le journal sous presse, les PSQ s’apprêtaient à finaliser le dépôt du projet de demande de création de leur chambre de coordination lors d’une audience de la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec prévue le 21 novembre. En attendant une décision de la Régie, les PSQ travailleront sur un projet de règlement sur les contributions afin de financer les activités de leur CDD.


La tarification carbone fragilise, selon les serriculteurs

Le ministre de l’Agriculture, Donald Martel, a mentionné aux producteurs en serre que le gouvernement ne laisserait pas tomber le secteur serricole. Photo : Myriam Laplante El Haïli/TCN

Les gains réalisés, ces dernières années, par la filière serricole seront fragilisés si Québec n’harmonise pas les dispositions de la tarification du carbone avec celles des autres provinces, estiment les Producteurs en serre du Québec (PSQ).

En conférence de presse, le 19 novembre, des serriculteurs ont expliqué que l’abolition de la taxe carbone fédérale, depuis avril, donnait un avantage concurrentiel énergétique de l’ordre de 20 à 25 % aux producteurs en serre du reste du Canada par rapport à ceux du Québec, alors que leurs produits sont en concurrence sur les mêmes marchés.

Au Québec, en vertu du système de plafonnement et d’échange de droits d’émission, d’importants montants sont prélevés sur les factures de gaz naturel ou de combustibles des producteurs qui utilisent ces types d’énergies pour chauffer leurs installations. « La tarification du carbone peut facilement représenter jusqu’à 5 % des coûts directs de production, soit l’équivalent de toute la marge bénéficiaire d’une entreprise », a mentionné le président-directeur général des Productions horticoles Demers, Jacques Demers.

Les serriculteurs souhaiteraient bénéficier de la même exemption que leurs concurrents des autres provinces ou que leurs contributions au Fonds d’électrification et de changements climatiques – dans lequel sont déposées les recettes de la tarification carbone – leur soient retournées.

Quelques heures plus tôt, lors d’une allocution devant les serriculteurs, le ministre provincial de l’Agriculture, Donald Martel, a écarté l’idée d’abolir la taxe carbone au Québec. « Je n’ai pas de solutions, mais j’entends très bien [votre problème] et on va travailler là-dessus », a-t-il indiqué, tout en assurant que le gouvernement ne laisserait pas tomber le secteur serricole.

Après 42 ans d’implication syndicale agricole, André Mousseau entame une retraite progressive. Photo : Myriam Laplante El Haïli/TCN

Après 42 ans d’implication syndicale agricole, André Mousseau entame une retraite progressive. Photo : Myriam Laplante El Haïli/TCN

Une retraite progressive après 42 ans d’implication

Le président des Producteurs en serre du Québec (PSQ), André Mousseau, a annoncé à ses membres, le 19 novembre, qu’il délaissait ses fonctions à la tête de l’organisation. À La Terre, il a mentionné s’être impliqué dès la fondation du regroupement de serriculteurs en 1983. Après 42 ans, dont seulement huit où il n’a pas été président, l’homme de 75 ans restera administrateur aux PSQ pour la prochaine année, mais se concentrera davantage sur sa famille et son entreprise, qui n’a pas de relève.