Porcs 11 mars 2025

Une clause de partage des profits qui déçoit les éleveurs porcins

Les Éleveurs de porcs du Québec sont déçus qu’une partie des profits réalisés en 2023-2024 par le transformateur Olymel ne puissent pas revenir dans les poches de l’ensemble des éleveurs de porcs, malgré une clause prévue à cet effet dans la dernière Convention de mise en marché des porcs. 

« De voir les profits qui ont été faits, de presque 200 M$ [en 2023-2024 pour Olymel], on aurait quand même aimé qu’ils soient capables de renvoyer une partie de l’argent », déplore Louis-Philippe Roy, président des Éleveurs de porcs du Québec, en entrevue avec La Terre

D’ailleurs, la Convention, signée il y a deux ans, en pleine crise de décroissance de la production porcine,  prévoyait le déclenchement d’un partage des bénéfices si Olymel retrouvait le chemin de la rentabilité avec la vente des produits de porc frais. En contrepartie, les éleveurs avaient consenti à offrir à Olymel et aux autres transformateurs d’importants rabais sur le prix de leurs animaux pour les aider à traverser la crise.

Lors du dévoilement de ses résultats financiers 2023-2024, le 27 février, Sollio Groupe Coopératif a annoncé avoir « retrouvé son élan », y compris avec sa division alimentation, c’est-à-dire Olymel. Cette dernière a toutefois spécifié que les profits réalisés dans sa dernière année financière proviennent principalement des produits de volailles et des produits de porcs surtransformés, et non de son secteur québécois du porc frais, toujours déficitaire de 28 M$, en raison entre autres de la dévalorisation du yen, soutient l’entreprise. 

Nous, on trouve que ça n’a pas de sens. Parce que la convention qu’on a signée, ce n’était pas juste pour aider le porc frais. C’était pour aider Olymel dans son ensemble. Mais ça fait deux ans qu’ils font des profits, qu’ils renvoient de l’argent à leurs producteurs [aux éleveurs de porcs membres de la filière porcine de Sollio].

Louis-Philippe Roy, président des Éleveurs de porcs du Québec

Ce dernier reconnaît néanmoins que les Éleveurs ont les mains liées et ne peuvent pas faire grand-chose, puisque « c’est comme ça que la convention a été signée », spécifie-t-il. « Tout ce qu’on peut faire devant ça, c’est de mettre notre énergie sur les négociations de la prochaine convention pour trouver une manière d’aller chercher de l’argent pour que les producteurs soient mieux payés, dit-il, parce qu’on voit bien que le complément de prix [la clause prévoyant un partage des profits d’Olymel avec les éleveurs], bien, ça ne paie pas. »