Les producteurs porcins ont souvent recours aux antibiotiques pour protéger leur troupeau contre la bactérie Streptococcus suis, puisqu’aucun vaccin commercial n’est disponible. Photo : Archives/TCN
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S'abonner maintenantUne équipe de chercheurs de l’Université de Montréal a mis au point un vaccin contre la bactérie Streptococcus suis, qui cause des problèmes de santé chez les porcelets et entraîne des pertes économiques pour les producteurs à travers le monde.
Cette infection peut aussi être transmise à l’humain. En Europe et en Amérique du Nord, ce sont surtout les producteurs porcins, les travailleurs dans les abattoirs et les vétérinaires qui y sont exposés, souligne-t-on dans un communiqué diffusé sur le site Internet de l’Université de Montréal, le 15 septembre. Les producteurs porcins utilisent de leur côté les antibiotiques pour prévenir la maladie dans leur troupeau, puisqu’aucun vaccin commercial n’est disponible contre la bactérie, alimentant ainsi le problème grandissant de l’antibiorésistance.
L’équipe de chercheurs montréalais, composée de Mariela Segura et Marcelo Gottschalk, professeurs à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal, a misé sur un type de vaccins appelés glycoconjugués. La bactérie Streptococcus suis se protège grâce à une capsule de sucre qui agit comme un camouflage et empêche le système immunitaire de la détecter, souligne l’immunologue Mariela Segura. L’idée était donc de reproduire artificiellement une petite portion de ce « chapeau de sucre » en laboratoire, puis de la lier à une protéine porteuse. « Cette combinaison rend la molécule visible aux défenses immunitaires, qui apprennent alors à reconnaître et à éliminer la bactérie », précise-t-elle dans le communiqué.

Les premiers résultats de cette recherche sont prometteurs, rapportent les chercheurs, qui estiment que ce vaccin a le potentiel d’avoir un effet positif tant sur les animaux que sur les humains.
Une technologie qui était attendue
Le responsable de la Santé et de la biosécurité au Centre de développement du porc du Québec (CDPQ), Christian Klopfenstein, voit d’un œil positif l’arrivée de ce nouveau vaccin contre le Streptococcus suis pour le secteur porcin. Car, au Québec, plusieurs organisations ont déjà, dans le passé et encore aujourd’hui, essayé de travailler avec des vaccins autogènes, qui sont des vaccins fabriqués selon une méthode plus classique, mais dont le succès est mitigé, rappelle-t-il. « Ça fait 30 ans que je suis dans la profession, ça fait 30 ans qu’on essaie de développer des vaccins autogènes, et puis ça fait 30 ans qu’on ne sait pas trop si ça marche. On savait donc qu’il faudrait aller vers une autre technologie pour trouver un vaccin efficace », mentionne M. Klopfenstein.
Selon lui, ces premiers essais concluants de l’équipe de chercheurs de l’Université de Montréal ne représentent toutefois qu’un premier pas vers la commercialisation du vaccin, qui pourrait prendre encore « cinq à dix ans », évalue-t-il. Malgré tout, ce nouvel outil, s’il arrive sur le terrain éventuellement, sera assurément un bon allier pour la production. « Est-ce que tous les élevages de porcs du Québec ont des problèmes avec le Streptococcus suis ? La réponse c’est non, mais on a une fois de temps en temps des épidémies qu’il faut traiter, donc ce sera absolument utile, car c’est un problème important et récurrent. »