Le plus récent rapport du CDPQ montre que le prix moyen payé aux éleveurs de l’Ontario par les transformateurs est de 250 $ par 100 kg de porc, soit 33 $ de plus que le prix moyen reçu par les éleveurs québécois. Photo : Patricia Blackburn/TCN
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S'abonner maintenantDes producteurs de porcs se questionnent sur l’écart entre les prix payés pour les porcs ontariens comparativement aux québécois.
Dans le dernier bulletin d’information économique du Centre de développement du porc du Québec (CDPQ), un rapport montre que le prix moyen payé aux éleveurs de l’Ontario par les transformateurs de cette province est de 250 $ par 100 kg de porc. Du côté du Québec, ce prix moyen est de 217 $ par 100 kg de porc, soit 33 $ de moins. Cet écart préoccupe grandement William Lafond, producteur de porcs dans Lanaudière. « C’est énorme. Avant 2019, de mémoire [avec l’ancienne convention de mise en marché des porcs], c’était pas mal semblable, alors que de 2019 à 2022, on était supérieur à l’Ontario. Mais avec la plus récente convention de mise en marché, en 2022, et le rabais qu’on a donné [aux transformateurs], c’est comme si on avait redonné en une seule année tout l’argent qu’on avait reçu de plus que l’Ontario dans les années précédentes. Ça fait en sorte que par rapport à l’Ontario ou même en Amérique du Nord, on est encore les moins bien payés », se désole le producteur.
Cécilien Berthiaume, producteur porcin en Beauce, est d’avis qu’il faudra travailler sur la compétitivité des abattoirs dans les prochaines années pour s’assurer que ces derniers pourront réduire cet écart de prix avec l’Ontario. « On ne peut pas rester avec une différence de prix aussi importante avec notre voisin », estime-t-il. Ce dernier considère d’ailleurs que l’État devrait s’impliquer dans les prochaines négociations pour le renouvellement de la convention de mise en marché des porcs, puisqu’il finance déjà une partie de cet écart par le biais de l’assurance stabilisation des revenus agricoles.
Si les abattoirs ont besoin d’un écart plus grand de prix [par rapport à ceux payés par les abattoirs ontariens], il faudrait qu’ils puissent faire la démonstration que c’est vraiment justifié, qu’ils rendent des comptes.
« Attention avant de se comparer »
Dans une réponse fournie par courriel, le président des Éleveurs de porcs du Québec, Louis-Philippe Roy, convient qu’un écart est observé entre le prix payé pour les porcs ontariens et celui pour les porcs québécois. Il invite toutefois à la prudence, stipulant que les deux marchés sont difficilement comparables, puisque l’Ontario n’aurait pas « toutes les mesures de transparence qui prévalent au Québec, notamment sur le prix réel payé, qui varie selon différents contrats entre les fermes et les abattoirs », précise-t-il.
« Il faut faire attention avant de tenter de se comparer en n’ayant pas accès à toutes les données des fermes ontariennes. Et même si l’Ontario est notre voisin immédiat, le Québec a fait le choix de baser sa formule de prix sur la référence de prix américaine. C’est un choix judicieux puisque notre production est très axée vers l’exportation, et doit donc compétitionner le marché international », écrit-il.