Porcs 19 décembre 2025

Tendance à la hausse de mortalité des truies 

QUÉBEC – Une tendance à la hausse des mortalités des truies dans les maternités porcines du Québec inquiète le milieu depuis quelques années. 

À l’échelle canadienne, ce taux est passé de 9 % en 2018 à près de 14 % en 2024. Des taux similaires sont observés dans les élevages du Québec, a rapporté la vétérinaire Brigitte Boucher, mandatée par l’industrie porcine pour identifier les causes de cette tendance, qu’elle a qualifiée d’« alarmante » pour le secteur. 

En effet, ce problème soulève différents enjeux, notamment pour le bien-être animal et les pertes économiques qu’il engendre, puisque l’achat d’une cochette « est rentabilisé après trois ou quatre portées », a-t-elle illustré, lors d’une conférence présentée dans le cadre du Porc Show, le 10 décembre, à Québec. 

Or, « chez plusieurs éleveurs, les pertes naissance-sevrage sont rendues plus basses que le taux de mortalité de truies. Pour une praticienne ayant quelques années derrière la cravate, c’est le monde à l’envers », a-t-elle lancé.

La même tendance est observée aux États-Unis, qui font piètre figure à ce chapitre, avec un taux de mortalité qui a grimpé de 5 % à 20 % dans les dernières années. Certaines données recueillies du côté de la France, qui maintient un taux de mortalité de 4-5 % depuis de nombreuses années, démontrent pourtant qu’il est possible de renverser la vapeur « en identifiant la bonne recette », a par ailleurs souligné la vétérinaire. 

Les indépendants font mieux

L’analyse des différentes données qu’elle a recueillies comparait différents éléments allant du type de logements au type de propriétaire jusqu’à l’alimentation et au ratio de travailleurs par rapport au nombre de truies. Est entre autres ressorti un écart important entre le taux de mortalité des élevages indépendants par rapport aux élevages corporatifs. « En effet, on a un pourcentage de pertes qui s’écartille entre les deux catégories. On voit une augmentation dans les fermes d’une corporation », a-t-elle rapporté. 

Le temps d’observation des truies est une hypothèse qu’elle a avancée pour expliquer cet écart, puisqu’il y a moins de travailleurs dans les corporations pour surveiller un plus grand nombre de truies. « Certains peuvent dire qu’ils n’ont pas assez de temps pour observer plus longtemps les truies, mais pour sortir les truies mortes, il faut calculer entre 30 et 40 minutes, alors qu’il ne faut que de 8 à 10 minutes pour en soigner une. C’est quand même une façon de gagner du temps », a-t-elle mis en perspective.

Selon elle, il est donc possible « de prendre le taureau par les cornes » et de renverser la situation en continuant d’analyser ce que les fermes qui ont de bons résultats font différemment des autres. « La mortalité des truies, ce n’est pas une fatalité. Il y a des solutions », a-t-elle rappelé.  

Quelques conseils pour diminuer le taux de mortalité des truies, selon la Dre Brigitte Boucher

  • Identifier à quel moment (péri partum ou en gestation) le décès survient, puis trouver les ressources pour consacrer plus de temps aux truies pendant cette période;
  • Vérifier si ce sont les jeunes ou les plus vieilles qui meurent;
  • Établir l’organisation du temps entre les employés pour détecter les truies mal en point plus rapidement;
  • Avoir un espace pour isoler les truies malades;
  • Dans les premiers jours de lactation, alimenter à la main deux fois par jour les truies pour s’assurer qu’elles savent comment fonctionne le système d’alimentation et qu’elles soient capables de trouver l’eau.