« En retardant la livraison, les porcs n’étaient plus dans l’écart de poids cible exigé par Olymel pour payer aux éleveurs un meilleur prix », expliquent Les Éleveurs de porcs du Québec à La Terre par courriel. Photo : Archives/TCN
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S'abonner maintenantLes Éleveurs de porcs du Québec réclament 1,8 M$ au transformateur Olymel pour des pertes que 228 éleveurs auraient subies en raison de modifications des livraisons de porcs prévues à l’abattoir.
La Convention de mise en marché des porcs 2023-2026 prévoit un mécanisme de compensation pour perte d’indice lorsque l’acheteur demande à un éleveur de modifier le moment de livraison de ses porcs. Or, Olymel n’aurait pas calculé ni payé correctement la compensation prévue par la Convention entre le 3 septembre 2023 et le 13 janvier 2024, allèguent Les Éleveurs de porcs du Québec.
L’organisation s’est tournée vers la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec (RMAAQ) pour qu’elle autorise une enquête et ordonne à Olymel de lui communiquer les données de compensation pour perte d’indice des semaines problématiques. Selon les Éleveurs, Olymel possède des informations bien précises pour pouvoir payer les producteurs pour les sommes auxquelles ils ont droit en raison des pertes représentées par les retards d’abattage.
La RMAAQ a rendu une décision, le 9 avril, dans laquelle elle rejette la demande d’enquête des Éleveurs, précisant « qu’il incombe à la partie qui demande la tenue d’une enquête de convaincre la Régie que les faits allégués sont de nature à la justifier, et qu’il ne peut pas s’agir d’une “expédition de pêche” visant à construire la preuve d’une partie sur le fondement d’allégations », écrit-elle.
Elle a de plus signalé que lorsqu’elle autorise la tenue d’une enquête, elle doit aussi tenir compte des inconvénients que celle-ci impose, et veiller à ce que ces inconvénients « soient proportionnels aux fins recherchées ».
Olymel soutenait justement, dans sa défense, que l’entreprise ne conserve pas de traces des échanges entre ses agents et les producteurs concernant d’éventuelles modifications des moments de livraison, et que la demande des Éleveurs de porcs représenterait une charge de travail considérable, évaluée à plus de six heures par dossier. Olymel a également fait valoir que plusieurs autres facteurs extérieurs pouvaient entraîner une augmentation du nombre de porcs en attente chez les producteurs, ce que Les Éleveurs de porcs n’ont pas nié pendant l’audience, rapporte la Régie dans sa décision.
Les Éleveurs ne jettent pas l’éponge
Invités à réagir à la décision, Les Éleveurs de porcs ont indiqué à La Terre être déçus, sans pour autant s’avouer vaincus. « Nous évaluons toutes les options, puisque la Régie souligne que nous conservons tous nos droits dans ce dossier », mentionne Tristan Deslauriers, directeur du Service des relations publiques.
Les semaines où les primes n’auraient pas été versées aux quelque 228 éleveurs de porcs correspondent à celles où Olymel devait gérer la fermeture de son abattoir de Vallée-Jonction, fait remarquer l’organisation, qui estime que cela a entraîné une augmentation du nombre de porcs en attente chez les éleveurs.