Porcs 12 septembre 2025

La production de porcelets sous les projecteurs

À quoi ressemble la production de porcelets au Québec? Y en a-t-il trop? Pas assez? Les Éleveurs de porcs ne sont pas en mesure de le savoir ni d’anticiper un possible manque en cas de reprise de la production. Ils ont reçu, de leurs délégués, le mandat de brosser le portrait de cette production et d’entamer une réflexion sur la nécessité de mieux l’encadrer.

Contrairement au porc d’abattage, les porcelets ne font pas partie de la mise en marché collective. Les Éleveurs ne disposent donc pas d’outils d’encadrement de cette production dans les périodes dites de gestion équilibrée, c’est-à-dire quand le nombre de porcs produits en élevage dépasse les capacités d’abattage des transformateurs, comme c’est le cas actuellement. « C’est un marché très ouvert. Un producteur peut démarrer une maternité porcine et une pouponnière, puis vendre sa production au Québec, en Ontario ou aux États-Unis, sans passer par Les Éleveurs de porcs du Québec », explique Tristan Deslauriers, directeur des relations publiques de l’organisation.

Jugeant qu’il était primordial de trouver des solutions « équitables et durables » pour mieux planifier la production « de la naissance jusqu’à l’abattage », les délégués ont adopté, le 4 septembre, une résolution demandant aux Éleveurs de porcs de prioriser la réflexion sur cet enjeu en recourant à un expert-conseil en la matière, et en demandant au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec une subvention pour collecter l’information et faire un portrait plus clair des stocks des maternités porcines québécoises.  

Cette résolution a été adoptée dans le cadre d’un événement en ligne pour terminer l’étude des résolutions qui n’avaient pu être débattues, faute de temps, lors de l’assemblée générale annuelle de l’organisation, le 5 juin dernier. 

Crainte d’une pénurie à long terme

La plus grande crainte soulevée par les délégués est qu’une trop grande contraction de la production de porcelets, en réponse à la décroissance exigée du côté de l’engraissement actuellement, ne provoque à plus long terme une pénurie si les besoins des transformateurs augmentent. Le risque serait alors que ces acheteurs aient recours aux porcs provenant de l’Ontario pour compenser le manque. 

Ce risque s’amplifie avec les nouvelles règles en matière de bien-être animal, qui exigent de garder les truies en groupes d’ici 2029, puisqu’un certain nombre de propriétaires de maternité porcines planifient de quitter la production après cette échéance. « Il faut se donner les outils pour qu’on ne manque pas de porcelets quand vont arriver les normes de bien-être animal, s’il y a des maternités qui décrochent », a souligné l’éleveur porcin Martin Boutin, pendant la rencontre virtuelle des Éleveurs. 

À ce jour, 60 % des truies sont déjà en groupe dans les maternités du Québec, rapporte M. Deslauriers, qui ne pouvait toutefois pas dire quelle proportion des propriétaires de maternités restantes avait l’intention de faire la transition.

Vote unanime pour la défense du plan conjoint

Les démarches entreprises par le producteur et transformateur de porc biologique DuBreton pour faire exclure certaines catégories de porc de niche du plan conjoint ont motivé l’adoption à l’unanimité d’une résolution demandant aux Éleveurs de porcs du Québec de défendre l’intégralité du plan conjoint et de la mise en marché collective. « Concrètement, cette résolution réitère la volonté des délégués que l’organisation poursuive les efforts en ce sens, ce qui nous donne un message clair », a précisé Tristan Deslauriers à La Terre.  Lors de l’assemblée générale annuelle du
5 juin, à Québec, ils avaient également adopté une résolution similaire, cette fois pour réitérer leur appui afin que leur organisation défende les droits de tous les éleveurs porcins, plus particulièrement ceux touchés par la baisse de prix imposée par DuBreton pendant la brève période où les tarifs douaniers avaient été appliqués par l’administration américaine sur les produits canadiens traversant la frontière, dont la viande de porc.