Le Canada exporte environ 12 % de son volume de production de porc en Chine, principalement pour y écouler les pièces du 5e quartier, qui ne peuvent être vendues ailleurs à aussi bon prix. Photo : Archives/TCN
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S'abonner maintenantLa visite du premier ministre Mark Carney en Chine, la semaine dernière, donne espoir d’un éventuel allégement des tarifs de 25 % imposés sur certains produits, dont le porc et le canola canadiens.
« On ne s’attend pas à ce que ça [les tarifs] tombe ou diminue immédiatement, mais c’est une visite qui était devenue nécessaire dans la suite de nos efforts diplomatiques là-bas », réagit René Roy, éleveur de porcs en Beauce et président du Conseil canadien du porc (CCP). Lui-même s’était rendu à Pékin et à Shanghai en novembre 2025 avec une délégation accompagnant le ministre canadien de l’Agriculture, Heath McDonald, pour rencontrer de hauts fonctionnaires et des dirigeants d’industries, afin de promouvoir les produits agricoles et agroalimentaires canadiens.
Le Canada exporte environ 12 % de son volume de production de porc en Chine, principalement pour y vendre les pièces du 5e quartier, qui ne peuvent être écoulées ailleurs à aussi bon prix. Il s’agit donc d’un marché complémentaire qui augmente la rentabilité des transformateurs de porcs. « Cette année, nos exportations ont un peu diminué là-bas, justement en raison des tarifs, mais on y a quand même accès [au marché chinois] », souligne M. Roy. Rappelons qu’en 2020, la Chine avait bloqué temporairement son marché à différents transformateurs canadiens, en suspendant leur certificat d’exportation. Les tarifs de 25 % ont quant à eux été imposés en mars 2025, après une décision d’Ottawa d’imposer des tarifs de 100 % sur les véhicules électriques chinois.
Ouverture d’un bureau en Chine
Dans la même optique de renforcement des relations diplomatiques, le CCP, en collaboration avec le Conseil des viandes du Canada, a inauguré, l’automne dernier, un nouveau bureau à Pékin. La Chine reprochait entre autres à l’industrie de se rendre sur place « uniquement lorsqu’il y avait des problèmes », avait mentionné Jorge Correa, vice-président de l’accès aux marchés pour le Conseil des viandes du Canada, lors d’une conférence qu’il avait présentée dans le cadre du Forum stratégique des Éleveurs de porcs du Québec, en novembre 2025.
Selon M. Roy, cette nouvelle présence en Chine permet de mieux comprendre le marché, par exemple en identifiant les foires alimentaires, les meilleurs événements pour développer les relations diplomatiques ou d’affaires, et également mieux conseiller les fournisseurs de porcs canadiens, résume-t-il. Les trois prochaines années serviront à évaluer si ce bureau, qui partage un espace commun avec le Conseil commercial Canada-Chine, vaut la peine d’être maintenu, a-t-il spécifié.
Exportations de viande et de produits de porc canadien
Janvier à septembre 2025
- États-Unis : 276 287 tonnes (-10 %) et 1,361 G$ en valeur (+3 %)
- Japon : 260 852 tonnes (+23 %) et 1,383 G$ en valeur (+24 %)
Total pour 2025
- États-Unis : 311 574 tonnes (-9 %) et 1,541 G$ en valeur (+4 %)
- Japon : 287 691 tonnes (+21 %) et 1, 531 G$ en valeur (+22 %)
(Le pourcentage équivaut à la différence par rapport à la même période de l’année précédente. Source : Statistique Canada)