Selon le Swine Innovation Porc, l’augmentation de la productivité dans les élevages porcins canadiens est en partie redevable à la recherche. Photo : Patricia Blackburn/TCN
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S'abonner maintenantLes récentes annonces de compressions budgétaires en recherche chez Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) inquiètent grandement le milieu porcin canadien.

Pour demeurer un pays exportateur concurrentiel, le Canada doit impérativement suivre le rythme mondial et éviter de perdre du terrain par rapport à ses concurrents, qui continuent à investir en recherche, a souligné Peter W.B. Phillips, professeur au département de politique publique à l’Université de la Saskatchewan. Son intervention s’est déroulée lors d’un webinaire organisé par le Swine Innovation Porc (SIP), un regroupement canadien qui vise la collaboration entre les centres de recherche en production porcine à travers le pays et qui assure un transfert de connaissance vers la production.
Selon le Dr Phillips, la recherche est une « magie qui opère lentement », alors qu’il faut généralement compter entre 3 et 5 ans pour constater ses effets sur le terrain, et 23 ans pour qu’elle arrive au sommet de son efficacité. « Il peut donc coûter très cher d’arrêter des programmes de recherche pour tenter de les relancer plus tard. Il risque d’y avoir des répercussions à long terme », a-t-il prévenu, avant d’inviter les producteurs et acteurs du secteur à informer les décideurs politiques des risques encourus par ces coupures. Il a par ailleurs souligné que l’augmentation constante de la productivité dans les élevages porcins est grandement redevable à des études réalisées par des chercheurs et chercheuses, comme Chantal Farmer, d’AAC, qui a réalisé une étude ayant permis d’augmenter de 40 % la productivité laitière des truies. « Le réseau est solide, mais ces coupes demeurent préoccupantes. […] Ça peut être catastrophique si ce n’est pas fait intelligemment », a-t-il répété.