Les cochons Mangalitza ont un pelage laineux qui se rapproche de celui des moutons. Photo : Patricia Blackburn / TCN
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S'abonner maintenantSTANBRIDGE EAST – La maladie n’a pas freiné les ardeurs d’un entrepreneur de Stanbridge East, en Estrie, qui déborde d’idées pour tirer le plein potentiel de sa petite ferme de porcs Mangalitza.

Si cette race de porc laineux est encore peu commune au Québec, le site où François Tremblay élève son troupeau l’est encore moins. Il s’agit de l’ancienne tannerie Baker, considérée comme l’une des plus grosses tanneries au Canada dans les années 1900, souligne celui qui a acheté le site il y a quatre ans.
L’éleveur a commencé récemment la rénovation de l’imposant bâtiment de briques qui abritait la tannerie pour en transformer une partie en table champêtre et une autre, en centre de découpe pour transformer la viande de son élevage, notamment. La grange située juste à côté abrite les porcs en plus de quelques poulets de grain. L’ancien frigoriste, pour qui ce projet en est un de retraite, loue une partie de ses terres pour du maraîchage, et en réserve une portion pour le pâturage de ses animaux.

Surpris par la maladie
Il y a un peu plus d’un an, alors que les ventes de la viande produite à sa ferme commençaient à aller bon train, François Tremblay a reçu un diagnostic de cancer. Ç’a été un coup dur pour ce travailleur autonome qui a été forcé de suspendre ses activités et de diminuer considérablement la taille de son troupeau. Des propriétaires de fermes voisines sont venus lui donner un coup de main pendant cette période difficile, où il a dû se faire retirer le fémur, avoir des traitements de chimiothérapie, une greffe de moelle osseuse et réapprendre à marcher.
« Au début, je ne savais ce que j’allais faire avec la ferme, car je pensais que j’allais mourir. Là, je suis en rémission. Ça va vraiment mieux et je repars la machine. Il a même fallu qu’on me calme. J’ai trop d’énergie! » lance-t-il avant de confier que sa maladie a changé sa façon de voir son projet agricole, qu’il souhaite développer sans perdre de temps.

Un élevage « facile »
Cette idée d’élever des cochons Mangalitza lui est venue après quelques recherches pour trouver une production « d’exception » et « santé ». Car la viande de ce porc serait plus persillée que celle d’autres races, avec un gras qu’on dit riche en oméga-3, rapporte le producteur.
Au début, j’avais de la misère à le vendre, parce que le gras n’était pas à la mode. Mais dans les dernières années, c’est la folie. Il est vendu avant d’être abattu.
Sa production actuelle avoisine la trentaine de têtes par année. Il qualifie par ailleurs la gestion de son troupeau de « facile », puisque ce porc est plus docile que la plupart des autres races en plus d’être résistant au froid, observe-t-il.
Le troupeau doit passer au moins un hiver dehors pour qu’il se forme une couche de gras autour de la viande, mentionne l’éleveur. « C’est une race qui a failli disparaître parce qu’elle ne grossit pas vite comparativement au petit porc rose qu’on est habitué de manger. Il faut donc le transformer en charcuterie pour qu’il soit rentable », précise l’éleveur en tendant une poignée de moulée à l’une de ses truies reproductrices, dont le pelage frisé rappelle celui des moutons.