La recherche, essentielle pour les plantes fourragères

Alors que le Conseil québécois des plantes fourragères (CQPF) vise à « accélérer le cycle de recherche » et s’active à propulser différents projets, son président, Vincent Audet, s’alarme de la fermeture annoncée au début 2026 du centre de recherche d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), à Québec.

Selon le CQPF, la fermeture de ce centre entraîne la perte « d’une expertise scientifique irremplaçable ». « Les plantes fourragères sont au cœur d’une agriculture durable. Sans recherche dédiée, nous perdons la capacité d’innover et de soutenir les services que la société attend de l’agriculture », déplore M. Audet.

Dans les circonstances, le gouvernement fédéral doit impérativement établir une stratégie et supporter financièrement les institutions, universitaires notamment, afin que la recherche puisse se poursuivre, estime-t-il. 

Le CQPF s’est pour sa part donné la mission de « concerter la recherche et le transfert de connaissances », par le biais de son « Pôle Plantes fourragères du Québec ». Celui-ci veille, à la mesure de ses moyens, à identifier les besoins de recherches, à les prioriser et à faciliter la mise en œuvre des projets propres au secteur. Bref, il fait office de catalyseur, explique Vincent Audet.  

Mesurer le rendement 

Marie-Pier Beaulieu
Marie-Pier Beaulieu

À ce chapitre, deux projets « structurants » ont été mis de l’avant au cours des deux dernières années, souligne M. Audet. Ils sont pilotés par la chargée de projet au CQPF, Marie-Pier Beaulieu. L’un vise à « standardiser » la mesure de rendement des prairies, l’autre à caractériser de façon plus précise les superficies allouées aux plantes fourragères.

Lancé en 2024, le projet « rendement » tire à sa fin, explique Mme Beaulieu. Un dernier été de collecte de données sera réalisé en 2026. Cinq fermes s’ajouteront, pour l’occasion, au groupe de 15 producteurs qui participent au projet depuis le début. Des mesures au pâturage seront réalisées avec les nouveaux venus. 

Étonnamment, la mesure de rendement n’est pas un automatisme avec les plantes fourragères, comme il l’est avec le maïs ou les céréales, par exemple. L’outil développé et testé dans le cadre du projet représente ainsi une « belle opportunité ­d’aller chercher plus de rentabilité et de pérennité dans les entreprises », fait valoir Mme Beaulieu. 

Évaluer les superficies

Le deuxième projet, chapeauté par le CQPF et financé par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), a été complété à la fin 2025. Avec l’apport de l’intelligence artificielle et de programmeurs, un modèle a été développé pour reconnaître les superficies dédiées aux plantes fourragères. Aucune donnée fiable et à jour n’existe à l’heure actuelle, selon Marie-Pier Beaulieu. « C’est difficile de défendre la valeur et l’étendue d’un secteur quand on n’a pas tous les chiffres », dit-elle. Le territoire de la municipalité de Saint-Cyrille-de-Wendover, dans le Centre-du-Québec, a été utilisé pour le développement du modèle. Le ­travail réalisé est, à l’heure actuelle, prometteur. 

Dans un monde idéal, le projet bénéficiera toutefois d’une phase deux, afin de peaufiner l’outil, souhaite Marie-Pier Beaulieu. « S’il y a un intérêt d’autres organisations à prendre la balle au bond, on est vraiment très ouverts », dit-elle.