Foin de commerce : nuages gris à l’horizon

Les producteurs québécois de foin de commerce sont aux aguets. La menace semble écartée à court terme, mais l’imposition de droits de douane aux États-Unis pourrait entraîner des turbulences dans le marché, et ce, même si « le foin du Nord » a la cote au sud de la frontière.

« Les producteurs sont, comme un peu tout le monde, nerveux, confirme le président du Conseil québécois des plantes fourragères (CQPF), Vincent Audet. Ils ne savent pas trop ce qui les guette. Est-ce que le climat d’incertitude va durer quelques mois ou quatre ans? Ça va affecter beaucoup le résultat final. »

Vincent Audet  / président du CQPF

Au Québec, environ 80 % des plantes fourragères sont destinées au marché intérieur de l’alimentation animale. La portion exportée, vendue à 97 % au pays de l’Oncle Sam, représente des ventes de quelque 30 M$ par an, selon les données du gouvernement du Québec.

« C’est un marché naturel, souligne M. Audet. On est intégré avec le marché de la côte Est des États-Unis. Les mouvements de transport se font déjà. Un camion chargé de foin du Québec ou de l’Ontario peut descendre (au sud de la frontière) et revenir chargé avec un autre produit agricole. Ça peut être du terreau pour l’horticulture, des oranges ou autres choses. »

Selon Vincent Audet, les producteurs de foin québécois ont su se démarquer avec un produit qui est désormais recherché par la clientèle américaine, dont des propriétaires de chevaux. 

« Les gens qui ne connaissent pas ça pensent que du foin, c’est du foin, dit le président du CQPF. Mais, nos producteurs jouissent d’un climat plus frais et la pluviométrie favorise de bonnes récoltes, de bons volumes. Ils ont réussi à démontrer que c’est un fourrage de qualité pour les animaux. Et c’est ce que certains clients veulent : le foin du Nord. » 

Quels effets?

Résultat : la demande ne s’est pas démentie au fil des ans, malgré « le nationalisme américain », affirme Vincent Audet. Mais quels effets auraient l’imposition de tarifs douaniers? C’est la question que tout le monde se pose actuellement. 

« Avec des tarifs par-dessus ça, ça pourrait être serré et un peu plus difficile, avance Vincent Audet. Mais on est en mode observation présentement. On essaie de comprendre ce qu’il se passe et de voir si nos producteurs rencontrent des problèmes. »

Tout le monde a les droits croisés pour que les nuages gris qui semblent poindre à l’horizon soient repoussés de façon définitive.