Sous abris, les producteurs sont capables d’essayer de nouvelles variétés de mûres, qui leur donnent des rendements et une qualité de fruit auparavant inaccessibles en plein champ. Photo : Gracieuseté de la Ferme Onésime Pouliot
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S'abonner maintenantVICTORIAVILLE – Observant un nouveau potentiel pour la mûre, qu’ils sont capables de produire en plus grands volumes qu’avant, des producteurs de fraises et de framboises aimeraient que ce petit fruit, connexe à ce qu’ils font déjà, soit représenté par leur association et qu’il puisse être commercialisé sous la marque Les Fraîches du Québec.
« La production de mûres, c’est sur le bord d’exploser », a affirmé le président sortant de l’Association des producteurs de fraises et framboises du Québec (APFFQ), Guy Pouliot, lors de la plus récente assemblée générale annuelle (AGA) de l’organisation, qui s’est tenue à Victoriaville. Il est difficile, pour l’instant, d’évaluer l’étendue des superficies de ce fruit au Québec, dit-il, mais une nette croissance de la production est observée. Cette évolution fulgurante, comparable à celle qu’a connue la framboise dans la dernière décennie, devrait se poursuivre dans les prochaines années, selon lui.
« Les signaux sont au vert; il y a plus de gens qui commencent à en faire et qui ont trouvé la recette ou la variété pour que ça fonctionne. Un peu comme il y a 11 ans, quand on voyait de plus en plus de framboises d’automne sous abri. On est à peu près à ce début-là, avec les mûres », a exposé le copropriétaire de la Ferme Onésime Pouliot, qui, comme plusieurs producteurs de fraises et de framboises, cultive aussi des mûres.

Maintenant qu’ils maîtrisent les techniques hors sol et sous tunnel, les producteurs ont les outils et les installations pour explorer davantage le potentiel de cette baie, dont les enjeux agronomiques et les méthodes culturales s’apparentent à celles de la framboise. Sous abris, ils sont capables d’essayer de nouvelles variétés qui leur donnent des rendements et une qualité de fruit auparavant inaccessibles en plein champ. Il y aurait donc moyen que la production de mûres, jusqu’ici marginale, se fasse à plus grande échelle en répondant aux standards des grands détaillants alimentaires.
« Dernièrement, on a commencé à faire un peu plus de mûres. Cette année, on en fera de façon encore plus importante », a indiqué, en entrevue, Jonathan Pitre, qui dirige Les Entreprises Pitre avec ses frères et son père, à Lac-des-Écorces, dans les Laurentides.
Sa ferme, ainsi que six autres, ont demandé à l’APFFQ d’entreprendre des démarches pour intégrer les producteurs de mûres – souvent déjà producteurs de framboises et de fraises – comme membres de l’association. Cela leur permettrait d’utiliser la marque de commerce de l’association, qui jouit d’une bonne notoriété, et de profiter des avantages de sa chambre de coordination, qui favorise les échanges avec les grandes chaînes de supermarchés. Lors de l’AGA, une résolution a été adoptée à l’unanimité, donnant le feu vert à l’association pour aller de l’avant avec les procédures.
La mûre, c’est un produit connexe à la framboise et à la fraise qui nous permettrait vraiment d’optimiser nos ventes, nos marchés. L’intérêt d’intégrer les producteurs de mûres serait bénéfique pour tout le monde.
Le directeur général de la Ferme François Gosselin, Olivier Parent, est du même avis. S’il vend déjà des mûres dans les épiceries, en plus de celles qu’il commercialise en kiosque, il voudrait prendre plus de place sur les étals des supermarchés, notamment pour remplacer les baies importées des États-Unis et du Mexique. Surtout qu’il y a une demande pour les mûres du Québec, selon ce qu’il constate.
« Les gens nous en demandent. […] On a augmenté notre capacité de production et on a trouvé des variétés concluantes qui donnent une bonne saveur et de bons rendements. Je pense qu’on est rendus là », exprime le producteur de l’île d’Orléans.
Pour l’APFFQ, la prochaine étape sera d’identifier tous les producteurs de mûres et de sonder leur intérêt à se faire représenter par l’organisation. Elle invite d’ailleurs ces fermes à se manifester. Ensuite, un changement du règlement devra être voté, peut-être lors d’une assemblée spéciale.
Un rapprochement avec les bleuets en corymbes
Les membres de l’Association des producteurs de fraises et de framboises du Québec ont aussi voté en faveur d’un « rapprochement » avec les producteurs de bleuets en corymbe. Comme ceux-ci sont déjà représentés par Bleuet Corymbe Québec, il s’agirait de voir comment les deux organisations, dont les membres vivent des réalités similaires, peuvent s’entraider, par exemple du point de vue de la mise en marché, de la communication, de la publicité ou du volet administratif. L’idée d’une fusion n’est pas écartée, mais il est trop tôt pour envisager une telle avenue.
De façon générale, les deux organisations sont d’avis que les producteurs de fraises, de framboises, de mûres et de bleuets auraient avantage à collaborer. D’ailleurs, les regroupements de baies sont fréquents ailleurs au Canada et en Europe. « Les petits fruits, on vit les mêmes affaires. Au Québec, on fait le même travail, mais de façon séparée. Pourtant, ce qu’on voit, par exemple en Ontario, ce sont les Ontario Berries », a fait remarquer le président de Bleuet Corymbe Québec, Benoît Coulombe, qui était présent à l’assemblée des producteurs de fraises et de framboises.