Petits fruits 4 mars 2025

Les producteurs de fraises acceptent d’augmenter leurs contributions

VICTORIAVILLE – Afin de rehausser le budget consacré à la promotion et à la recherche de l’Association des producteurs de fraises et framboises du Québec (APFFQ), les producteurs réunis en assemblée générale annuelle, le 10 février, ont accepté à l’unanimité une augmentation considérable des contributions qu’ils versent à l’organisation.

« Par rapport à 2022, on investit beaucoup moins en promotion, parce qu’on est obligés d’utiliser une partie de nos ressources [financières] qui devraient aller à la promotion pour couvrir nos coûts fixes, qui ont beaucoup augmenté », a exposé la directrice générale, Jasmine Sauvé, après le vote qui s’est tenu à huis clos. 

Cette dernière explique cette augmentation des coûts fixes par l’inflation, notamment reliée aux salaires des employés, au loyer ou aux assurances. En contrepartie, les contributions des producteurs n’avaient pas été augmentées au-delà de l’indexation annuelle depuis 2016.

Fixe et variable

Chaque année, les producteurs versent à l’APFFQ une contribution fixe qui sert à payer les coûts fixes de l’organisation. Les fermes paient aussi une contribution variable, au prorata de leur superficie en production, qui, elle, devrait être entièrement destinée à la promotion et à la recherche. Or, une partie de ces revenus sert plutôt, depuis quelques années, à compenser l’augmentation des salaires, du loyer ou encore des assurances.

Donc, l’idée, c’est de rééquilibrer ça en augmentant le budget pour que la contribution fixe couvre les coûts fixes réellement et pour rétablir le niveau de promotion à ce qu’il devrait être. On veut aussi faire plus de recherche.

Jasmine Sauvé, directrice général de l’APFFQ

La contribution fixe sera donc augmentée de 28 % et la contribution variable, de 16,5 %, de sorte qu’elles rapporteront à l’association un total de 90 000 $ de plus annuellement. 

Le nouveau règlement sur les contributions, qui a été adopté par les producteurs, doit maintenant être approuvé par la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec avant d’entrer en vigueur.

Augmentation moindre pour les petites fermes

En vertu de l’actuel règlement sur les contributions, les producteurs de fraises ou de framboises doivent payer à l’APFFQ une contribution annuelle fixe de 371,39 $ s’ils cultivent des fruits sur une superficie de 0,2 à 0,7999 hectare (ha) ou de 557,07 $ si la superficie s’étend sur 0,8 ha et plus. Le nouveau règlement propose plutôt que les fermes qui cultivent entre 0,2 et 0,7999 ha paient annuellement 377,33 $, que celles de 0,8 ha à moins de 2 ha versent 548,90 $ et que celles de 2 ha et plus paient 823,35 $. Un rabais est accordé aux producteurs sous régie biologique, qui sont membres de la relève agricole ou qui sont en démarrage.

La contribution variable destinée à la promotion et à la recherche, qui s’élevait à 153,51 $ par hectare en production, sera quant à elle augmentée à 181 $ par hectare en production pour les 75 premiers hectares. Il en coûtera 135,75 $ par hectare subséquent. 

Guy Pouliot

La lenteur d’Agri-relance dénoncée

Le président de l’Association des producteurs de fraises et framboises du Québec, Guy Pouliot, a dénoncé la lenteur du processus d’Agri-
relance, un programme financé par Québec et Ottawa déclenché en cas de catastrophe naturelle. Les producteurs de fraises, expose-t-il, commencent tout juste à recevoir leur argent pour les excès de pluie de 2023. 

Ce programme, qui ne compense pas les pertes de revenus, mais seulement les dépenses exceptionnelles que doivent assumer les producteurs, ne répond pas adéquatement aux besoins des fermes, estime le président. 

« Si tu abandonnes un champ de fraises, tu ne seras pas dédommagé. C’est loin d’être un programme parfait », plaide-t-il, ajoutant qu’avec les changements climatiques, les réclamations d’assurance récolte seront de plus en plus fréquentes, ce qui fera augmenter les primes.



L’assurance récolte revue en cas de catastrophe

En entrevue avec La Terre, le vice-président aux assurances et à la protection du revenu de La Financière agricole du Québec, Francis Goulet, indique que la révision de l’assurance récolte prévoit justement que la portion catastrophe de l’assurance soit assumée « à 100 % par le gouvernement ». 

« Avant, le producteur assumait 40 % de la portion de risque exceptionnel. Donc, après une année 2023, le producteur assumait une hausse de sa prime, mais là, cette hausse-là va être limitée, parce que la portion catastrophe va être entièrement prise en charge au niveau des gouvernements », expose-t-il.