La machine, conçue pour trier et empaqueter automatiquement les bleuets, élimine les impuretés grâce à un système de tri optique. Photo : Gracieuseté d’Isabelle Machabée
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S'abonner maintenantMalgré une saison marquée par la sécheresse et une baisse de rendement, l’introduction d’une nouvelle classeuse-empaqueteuse a permis à un réseau familial de quatre entreprises de production de bleuets de corymbe, à Franklin, en Montérégie, d’améliorer significativement leur productivité. Vincent Meloche, l’un des producteurs impliqués dans le projet, y voit un tournant majeur pour l’avenir de l’industrie locale.
« Oui, honnêtement, ça a répondu à nos attentes », confirme M. Meloche. Bien que la récolte ait diminué d’environ 25 % en raison du manque d’eau – malgré l’irrigation goutte-à-goutte –, l’investissement dans cette technologie a permis un gain de temps substantiel. « Ce qui prenait cinq à sept heures l’an passé à faire manuellement, cette année, on le faisait en deux heures », explique-t-il.
La machine, conçue pour trier et empaqueter automatiquement les bleuets, élimine les impuretés grâce à un système de tri optique. Ensuite, le fruit est conditionné dans des contenants prêts à l’expédition.
L’introduction de ce nouvel équipement a surtout permis de restructurer le travail.
C’est un changement majeur. Avant, nos employés passaient presque une journée entière à empaqueter. Maintenant, en deux ou trois heures en fin de journée, tout est fait.
La famille Meloche emploie une cinquantaine de travailleurs étrangers en plus des locaux.
Réseau familial
L’acquisition de la machine a été rendue possible grâce à un partenariat familial impliquant les quatre entités agricoles et quelque 60 000 plants de bleuets. « C’est vraiment un réseau familial. On utilise la machine à tour de rôle, et cette année, on est encore à l’étape d’implantation. Mais c’est certain qu’à l’avenir, on devra structurer le partage des coûts selon l’utilisation de chacun. »
L’objectif à long terme : conquérir de nouveaux marchés, notamment les grandes chaînes d’alimentation. Pour compétitionner avec le New Jersey et la Colombie-Britannique, l’entreprise doit réduire les coûts de main-d’œuvre, comme l’a mentionné Isabelle Machabée en août dernier dans un article publié dans La Terre.
Pour l’instant, les bleuets continuent d’être distribués via le marché des producteurs à Montréal, à divers kiosques régionaux et, depuis deux ans, vers les États-Unis durant les périodes de surplus.
« On essaie de désengorger le marché central à la fin juillet, début août, quand l’offre est trop grande et les prix chutent. On évacue alors une partie de notre production vers les États-Unis », précise M. Meloche. Cela permet de maintenir une certaine stabilité dans les ventes, malgré les aléas de la saison.
Mais à long terme, l’optimisme demeure. « C’est clair que ça va changer la face de l’entreprise. On va tranquillement s’éloigner du marché frais pour se tourner vers les supermarchés et l’exportation. Cette année, on a semé les graines d’une nouvelle façon de faire. »