Petits fruits 10 juillet 2026

La fraise d’été à son apogée

Les fraises d’été sont abondantes depuis la Saint-Jean-Baptiste à travers le Québec. « On est dans le croisement des deux régions de Montréal et de Québec. Il y a de la fraise, vraiment. Il y en a beaucoup », mentionne Louis Bélisle. Le producteur de Saint-Eustache explique que les vagues de chaleur des dernières semaines ont accéléré le mûrissement du petit fruit, occasionnant une production simultanée à l’échelle de la province qui aurait normalement dû s’échelonner sur trois ou quatre semaines. « On va avoir de bons spéciaux qui s’en viennent dans les chaînes cette semaine. On va avoir IGA et Metro qui seront très très agressifs pour aider à écouler le stock », mentionne celui qui a longtemps collaboré avec les grandes bannières, à titre d’administrateur, au sein de la Chambre de coordination et de développement de la filière et qui a cédé sa place à sa fille, Marie-Claude Bélisle, il y a deux ans. 

Baisse de prix

La période d’abondance a toutefois occasionné une baisse de prix de l’ordre de 15 à 20 % par rapport aux dernières années. « Quand c’est mûr dans le champ, les producteurs sont prêts à vendre. Il y a eu des prix en bas du coût de production, parce que si tu ne les sors pas, ben ça fait pourrir les autres après », soutient la présidente de l’Association des producteurs de fraises et framboises du Québec, Josiane Cormier. La directrice générale de l’Association, Jasmine Sauvé, dit toutefois attendre la fin de la saison pour se prononcer sur l’évolution des prix. 

Les producteurs contactés par La Terre estiment que les prix se redresseront d’ici la mi-juillet. En effet, les producteurs en rang nattés de la région de Montréal sont « sur les derniers milles », ce qui devrait diminuer les volumes disponibles à l’échelle de la province et occasionner un retour des prix à la normale. 

Peu de concurrence pour la framboise 

Les primeurs de framboises, dont la saison a débuté durant la première semaine de juillet au sud de la province, ont bénéficié de conditions de marché idéales. Un problème de production aux États-Unis rend le produit rare et dispendieux sur le marché québécois, explique Louis Bélisle. « On pourrait en sortir quatre fois plus et on aurait preneur comme c’est là. D’habitude, on ne voit pas [ça] parce que l’américaine est très bon marché et c’est long avant de faire débarquer les chaînes de [la framboise] américaine pour embarquer dans celle du Québec. Mais cette année, on n’a pas cette ­difficulté-là du tout [pour écouler le stock]. Ça va super bien », ­mentionne-t-il en précisant ne pas avoir eu besoin, comme à l’accoutumée, de descendre le prix du petit fruit pour concurrencer l’importation américaine.  

La Ferme Cormier a connu une Saint-Jean-Baptiste « parfaite » cette année. Photo : Gracieuseté de Josiane Cormier

La Ferme Cormier a connu une Saint-Jean-Baptiste « parfaite » cette année. Photo : Gracieuseté de Josiane Cormier

Un record d’achalandage à la Saint-Jean

À L’Assomption, près de Montréal, l’achalandage à la Ferme Cormier a atteint un sommet en six ans le 24 juin. « Que le momentum d’une belle journée, que les gens soient en congé, et qu’il y ait de l’abondance dans les champs; que tout soit parfait comme ça et qu’on soit capable d’ouvrir la machine à 100 %, ce n’est pas chaque année », dit la productrice Josiane Cormier. Elle estime que près de 1 000 personnes ont cueilli des fraises dans ses deux champs de deux hectares chacun. « Je pensais avoir de la fraise à n’en plus finir, mais finalement, il y a un champ qui, vers 14-15 h l’après-midi, était pas mal vide et on a reswitché dans l’autre et c’était correct. Mais ça faisait longtemps qu’on n’avait pas une belle journée comme ça pour de l’autocueillette. Ça arrive qu’il y ait trop de fraises, qu’il ne fasse pas beau et qu’il n’y ait pas de monde; ça arrive qu’il fasse beau, qu’il y ait du monde, mais que ce ne soit pas le bon moment pour les fraises. Mais là, il n’y avait rien à chialer, tout était parfait. »