Les fraises que les travailleurs s’affairaient à récolter à la ferme A. Bélisle & Fils, le 2 juin, étaient grosses, bien rouges et bien sucrées. Photo : Caroline Morneau/TCN
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SAINT-EUSTACHE – À la ferme de Louis Bélisle, le 2 juin, des travailleurs s’activaient au champ pour récolter un maximum de fraises. Les fruits sont gros, bien rouges et bien sucrés, gracieuseté du temps froid des semaines précédentes qui a engendré du retard, mais qui a eu un effet bénéfique sur la qualité.
« Il y a eu une courte période en mai où il a fait très chaud et où les champs ont eu le temps de se développer. Après, ç’a stagné, avec le temps froid, mais les fruits ont quand même continué de grossir lentement », explique le producteur de Saint-Eustache, précisant qu’un mûrissement plus lent, qui n’est pas forcé par la chaleur, favorise un bon calibre de fruit et un goût sucré.
« Le goût est super », dit-il fièrement, en tendant un fruit à la journaliste de La Terre pour le lui faire goûter. « En plus, avec les belles températures qu’on a cette semaine, le taux de sucre va monter. »
Le copropriétaire de la ferme A. Bélisle & Fils anticipe une bonne saison, malgré les récoltes tardives et les conditions de semis de mai qui ont parfois été difficiles.
À l’Association des producteurs de fraises et framboises du Québec, la directrice générale, Jasmine Sauvé, précise que les récoltes de fraises accusent un retard à la grandeur de la province. La cueillette était bien entamée dans les régions près de Montréal, en date du 4 juin, mais n’était pas encore commencée près de Québec. En revanche, la bonne qualité des fruits s’annonce généralisée, dit-elle, et les volumes au champ, généreux.
Ce qu’on surveille toujours au printemps, ce sont les nuits de gel, mais cette année, durant la floraison, on a eu très peu de nuits sous zéro. On s’attend à de bons rendements.
Attendues des grandes chaînes
Déjà, Louis Bélisle remarque que ses clients, les grandes chaînes de détaillants alimentaires, attendent les fraises du Québec avec plus d’impatience qu’à l’habitude. « L’engouement est là. On le sent encore plus. Ce qu’on se fait dire aussi, c’est que les produits des États-Unis sont boudés », assure-t-il.
Demande moins forte qu’espérée pour les premiers radis
Un producteur de Sherrington, en Montérégie, Jocelyn Leclair, constate que la demande pour ses radis, qui sont parmi les premiers légumes récoltés au Québec, est moins forte qu’il l’aurait souhaité sur le marché local, en ce début de saison. Même que ses ventes étaient meilleures l’an passé à pareille date. « Il y a beaucoup de facteurs qui peuvent expliquer ça. Il n’a pas fait beau, alors c’était peut-être moins propice pour manger des crudités », présume le producteur, qui se dit néanmoins sûr que les ventes se redresseront d’ici quelques semaines, lorsque l’exportation des légumes commencera.
Du retard pour l’ensemble des productions maraîchères
De façon générale, les semis de fruits et légumes ont du retard dans l’ensemble de la province, rapporte le directeur général de l’Association des producteurs maraîchers du Québec, Patrice Léger Bourgoin. Ce dernier fait état d’interventions au champ laborieuses en terre minérale, notamment en Montérégie, en Estrie et dans Lanaudière, où de grandes quantités de pluie sont tombées. L’organisation craint des problèmes de ravageurs dans les champs gorgés d’eau.