Ovins 30 mai 2025

Une fête du Bélier qui s’annonce profitable pour les éleveurs ovins

Les bons prix du marché ont fait bondir le nombre d’agneaux lourds mâles en vente à l’encan spécialisé pour la fête du Bélier, qui aura lieu le 5 juin, à Saint-Hyacinthe. Cette vente est organisée une fois par année en prévision du boum anticipé de la demande qui accompagne la célébration religieuse musulmane de l’Aïd-el-Kébir, qui se tient cette année les 6 et 7 juin. Aussi appelé fête du Bélier, cet événement est le plus important du calendrier des producteurs ovins en matière de demande. 

Ce sont donc près de 1 000 agneaux lourds québécois, contrairement à 460 l’année dernière, qui ont été mis à l’enchère par une quarantaine d’éleveurs ovins pour cet événement.

Jimmy Lapointe
Jimmy Lapointe

Les bons prix reçus lors de l’encan spécialisé en 2024 auraient incité davantage d’éleveurs à préparer un peu plus d’agneaux cette année, analyse Jimmy Lapointe, président des Éleveurs d’ovins du Québec. Mais les excellents prix du marché actuel auraient aussi joué dans la balance, selon lui.

On s’attend à des prix records. Il reste que c’est un marché d’encan, donc c’est toujours un coup de dé, parce que si les acheteurs ne sont pas au rendez-vous pour “x” raisons, ça peut être différent.

Jimmy Lapointe

Le moment où la célébration de l’Aïd-el-Kébir se tient dans l’année a aussi une incidence sur la disponibilité des animaux pour la vente, ce qui peut aussi influer sur l’offre. « C’est une fête qui avance dans le temps, donc quand ça arrive dans les mêmes périodes que d’autres fêtes religieuses, comme Pâques, la demande est plus forte et l’offre,  plus basse, ce qui tire les prix à la hausse, comme présentement », précise M. Lapointe. 

Ces différents facteurs font que le nombre de têtes mises aux enchères pour cet encan spécialisé varie énormément d’une année à l’autre, ayant même déjà atteint quelque 2 000 têtes en 2005, a-t-il souligné.

Des prix au sommet depuis mars 

La fin de la fête de l’Aïd-el-Kébir s’accompagne généralement d’une importante baisse de la demande qui se reflète sur les prix. Or, cette année, les choses pourraient être différentes. « On pense qu’on est sur une bonne vibe et on espère que ça va continuer », souhaite M. Lapointe, qui rapporte des prix très élevés sur les marchés de l’agneau lourd et léger depuis mars. Ces pointes de prix concordent avec l’approvisionnement des acheteurs pour le ramadan. « En Ontario, ils ont fait des prix records. Au Québec aussi, on a atteint des pointes de 6 $ la livre [vif] pour certaines catégories d’agneaux légers.  Ça ne s’est jamais vu. Le prix de l’agneau lourd a aussi atteint un sommet, à 17 $ le kilogramme dans les dernières semaines », récapitule-t-il. Ces prix historiques montrent que l’agneau est présentement une viande très en demande, selon le président des Éleveurs d’ovins, qui estime que leur secteur profite aussi des prix élevés du bœuf et de la hausse de la population immigrante, alors que les communautés musulmanes, entre autres, sont de grandes consommatrices de cette viande.