Ovins 24 avril 2026

Un trou de production en raison de l’été chaud de 2025

Le temps chaud de juillet 2025 a eu un effet sur le taux de reproduction dans la bergerie de Jérémy Gourde, à Saint-Narcisse-de-Beaurivage, dans Chaudière-Appalaches. « J’ai parlé avec plusieurs éleveurs, et on est plusieurs à avoir un taux de fécondité de la saillie de juillet 2025 plus bas parce qu’il a fait très chaud. Au lieu d’avoir 80 % de fertilité comme d’habitude, j’ai autour de 50-60 %. Ces brebis-là qui n’ont pas collé, elles ne donneront pas d’agneaux pour vendre dans la période de forte demande, alors que le prix est intéressant », déplore-t-il. 

Amélie Blanchard, agronome-conseil en production ovine, dit effectivement avoir entendu des échos semblables de plusieurs éleveurs de différentes régions. « C’est un gros problème, car ça peut créer un trou dans la production et amener des problèmes de liquidités par la suite, mais on peut diminuer les impacts en ajustant par exemple l’alimentation et la ventilation », mentionne-t-elle. 

Johanne Cameron remarque que les épisodes de chaleur extrême deviennent « de pire en pire ». Photo : Patricia Blackburn/Archives TCN
Johanne Cameron remarque que les épisodes de chaleur extrême deviennent « de pire en pire ». Photo : Patricia Blackburn/Archives TCN

Le secret est dans la ventilation 

C’est justement la stratégie sur laquelle a misé l’éleveuse Johanne Cameron, dans sa bergerie de Saint-Charles-sur-Richelieu. « Je viens de Québec, et quand j’ai déménagé en Montérégie, ç’a été mon plus gros choc, de m’habituer aux chaleurs extrêmes, et ça devient de pire en pire! » observe-t-elle. 

En adaptant le système de ventilation de son bâtiment d’élevage, elle est arrivée à amoindrir les effets de la chaleur sur la reproduction dans son troupeau. « Il faut vraiment une bonne ventilation dans les premiers mois d’été pour pouvoir profiter des bons revenus pendant la période de forte demande, les huit-dix mois suivants, pour aller chercher ces marchés-là. C’est certain que du côté de l’agneau lourd, il y a toujours une petite baisse quand même, mais de là à dire que c’est une catastrophe, non », estime-t-elle.

Le directeur général des Éleveurs d’ovins du Québec, Marc-Olivier Bessette, confirme pour sa part que les marchés, du côté tant de l’encan de l’agneau léger que de l’agence de vente de l’agneau lourd, sont bien approvisionnés à l’heure actuelle. « Le manque d’agneau va peut-être se faire sentir un peu plus tard cet été, parce que les producteurs forcent un peu plus les sorties actuellement à cause des bons prix, mais pour l’instant, je n’ai pas de signal qui laisse croire à un manque », rapporte-t-il.