Dans leur rapport annuel 2024-2025, les éleveurs ovins de l’Ontario dénombrent 3 000 entreprises ovines, ce qui en fait le plus grand parc de moutons au pays, représentant 30 % de la production canadienne. Le Québec, de son côté, compte 870 éleveurs, et représente 21 % de la production canadienne. Photo : Patricia Blackburn/TCN
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S'abonner maintenantD’ici 2040, les éleveurs ovins de l’Ontario souhaitent augmenter leur production pour répondre à 50 % de la demande canadienne pour la viande d’agneau, ce qu’ils font actuellement à hauteur de 30 %. Voilà qui force les éleveurs ovins du Québec à se repositionner sur le marché.
Marie-Claude Thibault, coordonnatrice de la Table filière ovine québécoise, explique qu’une réflexion vient de s’amorcer pour trouver des stratégies pour ne pas passer à côté d’occasions à saisir au profit de l’Ontario.

D’abord, la hausse marquée du prix des protéines, particulièrement du bœuf, rend l’agneau plus concurrentiel. « Il devient une protéine de remplacement attrayante pour les consommateurs », mentionne Mme Thibault. Parallèlement, les produits importés d’Australie et de Nouvelle-Zélande, les plus grands compétiteurs de l’agneau local en raison de prix avantageux, se sont raréfiés sur les tablettes. Cette situation s’expliquerait par différents facteurs, dont une sécheresse qui a contribué à ralentir la production dans ces deux pays, et l’ouverture de nouveaux marchés plus lucratifs et accessibles, comme l’Inde et la Chine. Cela aurait également créé une plus grande rareté du produit, et fait augmenter les prix, résume-t-elle.
Les éleveurs ontariens soulignent, de leur côté, que la hausse de la population immigrante au pays contribue aussi à augmenter la demande pour cette viande. Ils y voient une occasion pour accroître leur production.
Dans ce nouveau contexte nord-américain, face à des voisins avides de croissance, Marie-Claude Thibault insiste sur l’importance que la filière ovine québécoise se repositionne rapidement. « C’est vraiment un moment charnière, je dirais », insiste-t-elle.
Avis plus nuancé d’un transformateur
L’un des propriétaires de Montpak International, Alexandre Fontaine, est plus prudent face à cette tendance à la baisse des importations canadiennes de viande d’agneau en provenance de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande. Le transformateur de veau et d’agneau confirme avoir remarqué une moindre présence de ces produits, mais préfère attendre le dernier bilan d’Agriculture et Agroalimentaire Canada sur les importations de la dernière partie de 2025 pour en mesurer l’ampleur. Il reconnaît toutefois que la hausse du prix de ces produits importés a bel et bien un effet positif sur l’agneau produit localement. « Même si nos prix ont aussi un petit peu augmenté, globalement, ça nous permet de mettre [un peu plus] notre bon produit canadien sur les tablettes », dit-il.