Oeufs 22 mai 2026

Vers un changement du mode de capture des poules de réforme

Une nouvelle méthode de capture des poules de réforme, plus respectueuse du bien-être animal et qui renforce l’efficacité et le confort des travailleurs, a été développée par la Fédération des producteurs d’œufs du Québec (FPOQ). Cette dernière collabore avec le transformateur Olymel, avec qui elle fait des tests avant de pouvoir l’implanter à grande échelle dans les poulaillers. 

Les anciennes méthodes, comme le système de « paniers triés » ou les chariots à tiroirs, imposent de manipuler les poules à deux reprises : une première fois à l’intérieur du poulailler, puis une seconde fois près de la porte extérieure pour les transférer dans les cages du camion. « Ça fait longtemps qu’on le sait, qu’on n’a pas la bonne manière, mais c’était difficile de trouver quelque chose qui allait vraiment améliorer les conditions pour les poules et les travailleurs », observe Sylvain Lapierre, président de la FPOQ.

Plusieurs idées ont été suggérées dans le passé, mais elles ne fonctionnaient jamais à l’étape de l’abattage, mentionne-t-il. Une visite à l’abattoir d’Olymel de Saint-Damase, en Montérégie, il y a environ cinq ans, a toutefois permis de développer un nouveau système de cages et de pinces de transport viable de la ferme jusqu’à l’abattoir.

Il consiste à amener directement les cages du camion à l’intérieur du poulailler sur des chariots à roulettes, avec six cages par chariot. « C’est beaucoup plus efficace. Au lieu d’avoir deux personnes qui prennent les poules sur les paniers triés, qui les donnent à deux-trois autres personnes dans le camion, on a une seule personne qui gère le chariot et une autre qui s’assure que tout est bien clipsé sur la remorque. Les autres travailleurs peuvent aller aider à attraper les poules à l’intérieur, et ils n’ont plus à subir le froid ou la pluie en restant dehors. C’est gagnant-gagnant pour tout le monde », indique le M. Lapierre.

Une subvention de 160 0000 $ du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec a permis de développer une pince capable de fixer et de manipuler les cages sans les briser. Le système est en test depuis un an et demi, et le bilan est très positif, rapporte Sylvain Lapierre. Une information confirmée également du côté d’Olymel, qui réitère que les résultats observés jusqu’à présent « sont encourageants », et que les prochaines étapes seront évaluées avec la FPOQ au cours des prochaines semaines.

Quelques bémols

Parmi les préoccupations, toutefois, il y a un enjeu sanitaire, puisque les cages du camion entrent directement dans le poulailler. Elles doivent donc être parfaitement désinfectées pour éviter l’introduction de maladies. Le système nécessite également un espace minimal d’environ 40 pouces de large dans les rangées. Il ne sera donc peut-être pas applicable dans les plus vieux bâtiments.

Ailleurs au Canada, les méthodes de chargement des poules de réforme diffèrent. « En Ontario, ce sont principalement des chariots très dispendieux qui sont utilisés, similaires à ceux servant aux transferts de poulettes ici, tandis que d’autres provinces recourent plutôt au gazage des poules de réforme par manque d’abattoirs à proximité », résume M. Lapierre. 

Présentement, Olymel est la seule entreprise du Québec à traiter les poules de réforme. Elle le fait dans son usine d’abattage de Saint-Damase.